Alors que le groupe était pleine tournée promo, j’ai eu l’occasion de discuter un peu, beaucoup, avec Jona de Coilguns à propos entre autre de leur nouvel album Millenials.

MF : Salut Jona. Ça fait presque 2 ans que Coilguns était endormi. Ça doit faire du bien de enfin défendre ce nouveau disque.

Jona : Ouais c’est clair. On a fait 2 concerts en 2016, mais en 2017 on n’a rien fait jusqu’à la fin de l’année où on a fait 5 concerts pour annoncer la sortie du disque. Et ouais ça fait forcément du bien. Parce qu’on a tous eu un peu développé nos carrières à côté avec d’autres projets et du coup on est revenu avec une énergie qu’on n’avait pas avant. Avec vraiment l’envie de mettre nos vies à la poubelle pour ce groupe quoi. Avec donc toute la compréhension et l’expertise pour savoir comment ça fonctionne de sortir des disques avec un groupe. Et c’est vrai que l’arrivée de Donatien, le quatrième membre, il y a vraiment une énergie et une cohésion de groupe qu’on n’avait pas avant. Genre là on est tous d’accord de plonger les pieds en avant dans le vide de la vie de clochard (rires). Mais c’est assez beau quoi, c’est une belle énergie. C’est hyper bien quoi.

MF : J’imagine. Tu viens d’en parler, Donatien a rejoint le groupe. C’est quoi qui a motivé son intégration ?

Jona : Quand on écrit Millenials, on a ajouté pas mal de synthé en fait. Pas de son de science-fiction mais plutôt des grosses basses. Et finalement avec le son qu’on avait sans bassiste, et seulement le son guitare / basse, il nous manquait de gras. On voulait aussi avoir plus de backing, quelques éléments percussifs aussi. Et Donatien, c’est quelqu’un qu’on connaissait parce que je jouais dans un autre groupe avec lui, il est multi instrumentiste aussi et qui est aussi un sacré numéro en termes de disponibilité on va dire. Lui aussi était disposé à mettre sa vie de côté pour faire partie du groupe quoi. Donc ça s’est fait assez naturellement finalement.

MF : D’accord. Après pas mal d’écoute de Millenials. J’ai un peu l’impression qu’on se retrouve dans une sorte d’hôpital psychiatrique où tu rencontres des mecs qui sont complètement paumés dans le truc. Est-ce que le fait d’être enfermé comme ça dans cette cabane en Allemagne pour composer a donné ce côté fou ?

Jona : Euh ouais. C’est marrant comme image. C’est quelque chose qui est assez ressorti. C’est soit un album assez patchwork qui n’a pas vraiment de sens, avec des morceaux qui n’ont pas vraiment de fin, ce qui est le cas d’ailleurs. Et puis il y en a d’autres qui après plusieurs écoutes trouvent qu’il y a un fil rouge au milieu de tout ça. Pour nous c’est difficile à dire. On voulait faire un truc assez tribal et qui foutait vraiment les jetons. Qui faisait vraiment peur…

MF : On est en plein dedans.

Jona : Voilà. Nous c’est comme ça qu’on s’est lancé là-dedans. Mais on ne s’est pas dit : « Il faut que ce soit un truc frénétique dans un hôpital psychiatrique où on se tape la tête contre les murs ». On voulait que ce soit massif, tribal et puis que ça foute les jetons. Une des influences principales pour ce disque, en tout cas pour moi, c’est quand j’ai découvert Terra Tenebrosa, le premier album, tu vois vraiment très sombre mais pas violent au sens Metal du terme. Quelque chose de noir, d’oppressant, presque indigeste quoi. C’était assez la volonté de faire ça quoi. Après c’est marrant de savoir comment chacun le reçoit.

MF : Ouais. Du coup c’est vrai que les retours sont globalement bons, il y a quelques belles perles aussi. Vous êtes quand même content des retours qui arrivent sur l’album ?

Jona : Carrément ouais. Rien que le fait que des gens prennent le temps de l’écouter et d’écrire dessus, c’est vraiment super. Ceux qui comprennent le propos, enfin qui le reçoivent comme on essaie de l’envoyer, c’est magnifique. Mais tu peux pas demander à tout le monde que ce soit le cas. Après, si c’est vraiment gratuit. On a eu le cas d’un journaleux, qui passe la moitié de la chronique a parlé de nos coupes de cheveux et qui nous fait passer pour un groupe de Indie Rock, c’est pas très intéressant quoi.

MF : C’est sûr.

Jona : Après le mec qui est là : « C’te zik, ça me parle pas tellement, mais en plus c’est vraiment indigeste, mais je peux pas dire que c’est de la merde parce que ça sonne bien et ils ont l’air de bien jouer. Mais en fait moi ça me déprime d’écouter ce disque ». Ben c’est super parce que c’est ça qu’on voulait faire.

MF : Et surtout c’est argumenté.

Jona : Exactement. Donc du coup globalement, assez content des retours. Déjà parce qu’il y en a pas mal. Ça fait déjà plaisir (rires). Il y en a beaucoup d’excellent et beaucoup de mauvais ou en tout cas…

MF : Qui n’ont pas accrochés au truc…

Jona : Ouais, pas qui ne saisisse pas le propos, mais qui ne sont pas pour en tout cas.

MF : Habituellement, c’est toi et Luc qui composé tout pour Coilguns. Est-ce que le fait d’être enfermé à 3 a permis de donner un peu de place à Louis pour apporter ces idées ?

Jona : Ouais beaucoup. Parce qu’en fait depuis qu’on a fait une pause avec Coilguns, on n’a pas fait d’album depuis 2013 tu vois. Ben Louis, il a extrêmement développé son activité de producteur entre guillemets. Il a produit beaucoup de disques, développé une certaine patte, en enregistrant tout en analogique, de tout produire sur des enregistreurs cassettes 2 pistes. Il a vraiment développé son truc et aussi son projet solo, qui est vraiment un projet à chanson quoi. Et ça c’est un truc qu’on a profité. Peut-être que ça s’entend pas forcément (rires), mais c’est en fait vraiment des chansons qu’on a écrit. Après c’est vrai que souvent, il n’y a pas de fin (rires), mais il y a clairement des couplets et des refrains pour nous. Après ça peut être occulte la façon de le percevoir, mais pour nous, on a vraiment écrit des chansons et sans l’apport de Louis ça aurait été jamais fait. Avant j’écrivais des riffs, Luc posait sa batterie dessus. On faisait des pré-prods et Louis mettait sa voix. Même au niveau des paroles ça a eu des conséquences, parce qu’on ne rejoue pas de vieux morceaux, parce que Louis ne s’identifie plus tellement avec les paroles de ce moment-là.

MF : Ok

Jona : En tout cas tout ce qui est avant Commuters, il n’est plus dans cet esprit-là… Comment dire. Là c’est vraiment un tout. Quand on jammait avec Luc, Louis était là. Il faisait vraiment un boulot de producteur. Il disait : « Tiens ce plan, là, il faudrait encore le tourner… », « Peut-être que c’est bien de rester dans cette atmosphère-là, plutôt que de mettre un riff frénétique… ». Mais c’était la première fois qu’on écrivait à trois et ça a donné ce disque, qui est quand même un peu différent de ce qui faisait avant.

MF : Ben il est différent, mais on retrouve quand même cette petite identité que vous aviez déjà. Alors peut-être pas avec l’EP avec Abraham qui était un peu plus rock…

Jona : Qui était le presque faux pas de notre discographie (rires).

MF : Ah non, pas un faux pas. Il est vraiment bien ce split. Mais il est assez différent de Commuters et Millenials. Mais on retrouve quand même cette patte, enfin le mec qui connaît le groupe arrivera à reconnaître ce que vous faites.

Jona : Ça c’est vraiment chic en tout cas. Nous on le vois différent. C’est vrai que Commuters, c’était un peu l’option de jouer plus vite et de ressembler plus à Converge ou à Dillinger. Là on a décidé de ne pas faire ça. Parce que c’est pas ça qu’on avait envie de faire et aussi parce qu’on voulait pas aller plus loin que nos capacités tu vois. On pouvait pas écrire un disque qui allait encore plus vite. C’est quelque chose que physiquement on ne saurait pas faire tu vois (rires). Ça paraît peut-être ridicule pour les mecs qui écoutent du Death ultra technique, mais même quand on réécoute Commuters pour rire, ben on ne comprend même pas pourquoi on a joué ces trucs tu vois (rires). Donc il y a un truc plus groovy dans ce nouveau disque.

MF : Ouais. Et donc comme tu l’as dit, vous avez tout enregistré sur des bandes analogiques. C’est le fait que Louis bosse dessus tout le temps qui vous a fait choisir cette solution ou c’était pour coller avec la musique qui était là ?

Jona : Non, c’était un truc très naturel. On s’est dit qu’on voulait faire ce disque ensemble. Ça faisait un moment qu’on voulait faire ce disque et on n’avait pas le temps, parce qu’on a tous plein de projets et que du coup on fait ça à temps plein dans nos vies la musique. Du coup on est obligé de se fixer des périodes de travails tu vois. On ne peut pas se retrouver une fois par semaine au local pour répéter et écrire des morceaux, ça ne marche pas. Du coup on s’est dit, on arrête ce mois et on fait ce disque tout seul. Louis sait enregistrer des disques, il y avait aussi une histoire de budget dans l’affaire. Il avait envie de faire ce disque et il bosse avec des bandes. Moi, j’ai récupéré un vieux 16 pistes à bandes. Pas vraiment un super deluxe. Un 16 pistes Tascam, vraiment cheapos et on s’est dit qu’on allait le faire comme ça. Et c’était très bien parce que pendant trois semaines on a écrit, bougé des micros, testé différentes techniques de prises de sons. Et puis pendant une semaine on l’a enregistré et mixé. Pis ces trois semaines-là étaient hyper bien parce que tu rentres pas dans les pré-amps d’un 16 pistes à bandes comme tu rentres dans les pré-amps d’une console numérique. Et c’est ça qui a donné ce grain si particulier au disque. Tu peux penser qu’il sonne bien ou qu’il sonne pas bien ou que c’est de la merde ou pas. Ce qui est sûr, c’est que soniquement parlant, il a une identité, il a quelque chose à raconter tu vois…

MF : Ouais. Je trouve que ça aide beaucoup à l’écoute de l’album…

Jona : Ah ouais ?

MF : Ouais.

Jona : Trop bien.

MF : Je trouve que ça colle très bien avec l’ambiance des morceaux. Ce côté un peu roots, à l’ancienne de l’enregistrement, je trouve que ça colle vraiment bien.

Jona : Ça c’est hyper bien à entendre parce qu’on l’a vraiment mixé pendant qu’on l’écrivait en fait. On essayait différents micros, différentes guitares, donc je suis assez rassuré d’entendre ça. Je te cache pas que quand on a signé avec ce management, Aisa, on leur a dit qu’on aimerait signer sur tel ou tel label, les trucs plutôt ricains évidemment. Ben eux nous ont dit : « Là c’est vraiment sans compromis la direction que vous avez prise, c’est cool, c’était peut-être bien il y a quinze ans, mais si vous voulez attaquer sur des gros trucs, il faudrait sonner un peu plus rond ou un peu plus flatteur » tu vois. Et pis du coup on a quand même fait faire des masterings, qui arrondissaient un peu les angles, qui sonnaient un peu plus ricains, un peu plus fat tu vois. Et finalement on était bien content que personnes ne veuillent signer ce disque parce que du coup, si c’est nous qui le sortons, on a le droit de prendre les risques qu’on veut. Donc ça fait toujours plaisir d’entendre que ce son-là, en tout cas pour toi, il colle à ces morceaux tu vois.

MF : Totalement. Si je me plante pas, il n’y a que le master du vinyle qui est fait par Magnus Lindberg. Pourquoi ne pas avoir gardé le même master pour tout ?

Jona : Et ben, le vinyle c’est quand même un peu une science occulte. Si tu veux il y a des fréquences qui ramassent beaucoup plus que d’autres et des effets qui peuvent être complètement smashé sur le vinyle ou qui peuvent ne pas être reproduits comme telle. C’est pour ça que tu dois toujours faire un mastering vinyle et un mastering cd ou digitale. Et là, on était content du master à Louis, mais comme on ne pouvait pas le modifier, parce qu’on a tout fait sur place avec une console analogique qu’on a loué, on n’était vraiment pas sûr qu’il passe sur vinyle. Et il y a personne pour te le dire, donc on aurait été obligé de faire un test press et ça nous aurait couter 500€ de plus, juste pour faire le test…

MF : Et au final se rendre compte que ça va pas…

Jona : Et aussi prendre du retard dans la prod donc on s’est dit : « bon… ». Ce qui est un peu dommage, parce qu’on vend des vinyles et on a choisi ce mastering à Louis. Mais finalement le mix est tellement agressif que même avec le mastering un peu plus rond à Magnus, si tu veux sur vinyle il est quand même ultra agressif, donc moi ça me va très bien comme ça. Mais c’est vrai que sur Commuters, je sais pas si tu as déjà fait attention, mais la version digitale dure 50 minutes et la version vinyle, on l’a réduite à 42 minutes ou quelques choses comme ça. On a coupé des interludes et en gros on 22 minutes par face et le mix est… Enfin il est super, mais c’est à s’arracher la tête. Il y a des murs de guitares dans le visage. Tous les mediums, et la batterie qui disparaît… Pis là on s’est dit que pour ce disque, on prend moins de risque et on fait un truc un peu plus rond et doux.

MF : Ok. Sur vos 2 précédentes sorties, vous aviez des invités. Est-ce que c’est parce que vous vouliez vous retrouvez vraiment tout seul sur cet album ?

Jona : Je crois ouais. C’est marrant parce qu’on n’y a pas pensé avant. Là où on était, perdu en Allemagne, on pouvait pas vraiment invité des copains tu vois.

MF : Après la façon dont vous avez enregistré ne permettais pas de le faire après.

Jona : Ouais, mais on ne s’est même pas posé la question. On a dit qu’on voulait faire ce disque les 3, parce que Donatien n’était pas là à ce moment-là. Puis on a loué cette baraque et on a tout fait comme ça. On s’est pas dit : « Tiens on pourrait inviter ci, on pourrait inviter ça… », mais il y a pas eu de réflexion particulière, ça s’est fait naturellement.

MF : On en a parlé un tout petit peu tout à l’heure. Tout l’album est autoproduit. Est-ce que tu penses que le fait de faire de la musique que personne ne fait vraiment à côté, a été un frein pour signer sur un label ?

Jona : Oui ! Absolument, mais peut-être pas dans le bon sens du terme parce que j’ai envie de croire que quand t’es vraiment unique et… je recommence (rires). En fait c’est un peu du quitte ou double quand tu fais ça. Soit tu continues dans le chemin que t’as choisi et si tu peux exploser, si on peut parler d’exploser dans cette scène, ben tu prends le devant de la scène. Mais si vraiment c’est trop bizarre et que tout le monde s’en fou, ben tout le monde s’en foutra. C’est un peu le principe de l’investissement, ton gain ou ta perte est à la hauteur de ton investissement. Et après ce qui nous a empêché de signer dans d’autres labels, surtout dans les labels chez qui on voulait signer, c’est qu’on ne respecte pas beaucoup de code. Je ne dis pas que ce qu’on fait est hyper original, tu vois. Je dis juste qu’on n’est pas super Doom, on n’est pas super Black Metal, on n’a pas non plus un visuel qui est très codé. On n’a pas un visuel très Hardcore ou Black Metal. On n’a pas des coupes de cheveux qui sont très Hardcore ou Black Metal (rires). On ne respecte pas beaucoup de code et on ne fait pas ça pour être original, on est juste ce qu’on est quoi. Ça c’est une chose. Et peut-être aussi, ça je l’admets volontiers, Millenials, c’est pas encore… C’est sans doute le meilleur disque qu’on ait fait jusque-là, au niveau cohésion de groupe et énergie. Mais je pense pas qu’on soit au top de la composition tu vois. Pis peut-être que ces mecs-là, ils auraient peut-être passé sur le fait qu’on n’a pas de code et qu’on est dur à caler dans une scène, s’ils avaient eu ce petit truc en plus dans les compos. Pis j’ai l’impression qu’on peut définitivement faire mieux, donc je ne trouve pas que ce soit illégitime qu’on soit signé ailleurs.

MF : Après tant que le reste marche et que ça suit derrière.

Jona : C’est ça. Après on retourne dans un processus hyper naturel du coup. Personne ne voulait sortir ce disque, pis en fait on a tout fait nous-même. On a fait l’artwork, tout ça. Ça a permis de rebooster un peu le label aussi et d’avoir un nouveau fonctionnement pour avoir une structure capable d’accueillir un groupe comme Coilguns, qui est finalement plus gros que le label. Et là le prochain disque, attention scoop.

MF : Ouh !

Jona : Ouh la la (rires). On a déjà booké un studio pendant pour Janvier, parce qu’on n’a pas envie d’attendre 5 ans cette fois entre les deux. Donc l’idée est de sortir un disque pour fin 2019. Mais cette fois on ne va pas se dire, on a un mois et il faut qu’on sorte un disque. On a réservé le studio, on va passer un mois à l’écrire. Si on a le temps de l’enregistrer parce qu’on est content des compos, on le fera. Si ça va pas, on reprendra 10 jours de studio 2 mois plus tard pour terminer ça.

MF : D’accord.

Jona : Et j’ai l’espoir aussi avec l’entourage professionnels qu’on a autour du groupe… Si tu veux, on a enfin un entourage professionnel en qui on a confiance. C’est un vrai entourage qui sont déjà qui ont du réseau et qui font des choses, qui accompagnent des groupes, surtout beaucoup plus gros. Donc ça va être bien d‘avoir ce regard externe sur le groupe. On ne parle pas de quelqu’un qui va te dire que ton refrain n’est pas bien ou qu’il faut que tu changes ta ligne de guitare, mais des gens qui auront un avis sur lequel on peut compter et qui nous dira : « Là, ça sent le rush votre affaire ». Pis c’était ça la conclusion, ils ont bossé avec nous sur Millenials et ils disent : « Ouais c’est super, mais ça sent quand même l’arrache quoi ». Ben ouais, on a fait un putain de disque en un mois tu vois.

MF : Ben ouais.

Jona : On a commencé à écrire, jour 1 et on a fini, mixé, masterisé, jour 31. Donc voilà.

MF : C’est sûr que ça fait un peu speed pour tout caler.

Jona : Donc on s’en sort bien au final.

MF : Mais après c’est un beau challenge de se dire, on fait ça en un mois quoi.

Jona : C’était un beau challenge et là où c’est le plus marquant, c’est que ça a été une belle expérience humaine. Parce qu’on n’était que les 3, c’était paumé au milieu de rien. Je veux dire on a pris 2 douches sur le mois, je veux dire littéralement (rires). On se levait le matin, on se faisait à manger ensemble, pis on parlait du disque, on parlait de nos envies dans la vie. Il y a pas mal de trucs sur ce disque qui sont liés aux discussions qu’on a eu là-bas. Que ce soir sur le DIY, sur le punk, sur comment faire des disques, sur toutes ces choses tu vois. Et ça c’est l’exemple un peu cliché, pour imager mon propos, ben le dernier morceau, The Screening, ben si tu lis ces paroles, tu vas trouver des restes de frigo et d’oeuf au plat et de saucisse dans les paroles (rires). Parce qu’on mangeait que ça et que le frigo était rempli de nourriture (rires). Après c’est quand même plus profond que ça mais en gros, c’était magique. Et surtout on a vu qu’on pouvait faire un disque nous-même, que ce soit chic et puis pour Louis, qui a plus l’habitude de faire des trucs Lo-Fi. Tu vois, j’avais pas vraiment envie que mon album sonne comme un aspirateur (rires) alors que ça peut très bien se faire pour d’autres trucs qu’il fait. Ben en fait, ça sonne presque grosse prod.

MF : Carrément.

Jona : On peut dire qu’on a tout fait avec du hardware dégueulasse, qui coûtait rien du tout. Et quand on faisait les exports sur les bandes et qu’il fallait enlever les décomptes de charley au début des morceaux, ben on devait muter toutes les pistes manuellement à 3 et tout rouvrir en même temps. Ça n’avait aucun sens (rires). On a ouvert un ordi, et c’est pas une légende, pour exporter tout le mix pour faire un mastering après. On a tout fait sans ordinateurs avant.

MF : C’est cool.

Jona : C’était chic (rires).

MF : Vous sortez d’une belle tournée un peu partout. Il y en a une autre qui va arriver en Irlande. J’imagine que niveau concert, tout se passe bien aussi ?

Jona : Oui. Les concerts sont super. On a joué devant du monde tout le temps et c’était agréable quand ça fait 4 ans que t’as pas tourné avec un projet. On a vendu beaucoup de disque et tu voyais qu’il y avait des gens qui venaient parce qu’on avait sorti Commuters en 2013 et qu’ils nous ont connus à ce moment-là. C’était vraiment bonne vibe. On ne jouait pas devant des centaines de personnes mais le feeling est bon. Même les lundis il y avait du monde. On a fait des headlines sur quelques festivals punk, à 3, 400 personnes. On fait ça step by step quoi. Gentiment (rires). Et c’est assez agréable d’avoir de la visibilité là-dessus.

MF : Ouais c’est cool. Je sais que vous ne vous arrêtez jamais, donc je suppose que le but va être de jouer un peu plus loin que l’Europe ?

Jona : Ça fait depuis la création de ce groupe qu’on aimerait aller aux Etats-Unis. Mais il y a aussi une réalité, pas financière, mais plutôt du marché. Où on pourrait très bien aller tourner en Chine, en Russie, dans des endroits où on est déjà allé avec d’autres projets, mais c’est moins pertinent. Du coup les US c’est vraiment un endroit où il faut qu’on aille, d’autant que je suis persuadé que c’est un groupe qui fonctionnerait bien là-bas…

MF : Je pense ouais.

Jona : Mais c’est tellement compliqué d’y aller. Pour des histoires de visa de travail qui coûte très cher. Du coup t’es quasi sûr d’y aller à perte. Donc la question est-ce qu’on investit ça et on fait une tournée à l’arrache comme des punks, ou est-ce qu’on attend un petit peu et on monte le profil du groupe de façon un peu plus solide. En tout cas c’est ce que les gens avec qui on bosse et nous même avons envie de faire. On veut pas arriver là-bas par la grande porte tu vois, mais on veut pas arriver comme des clodos quoi. Donc le disque est distribué aux Etats-Unis, avec le label. Donc on a de la promo qui se fait là-bas et c’est super. Maintenant on ne va pas y aller sur un coup de tête et c’est fort possible qu’on attende de sortir le prochain avant d’y aller. En espérant qu’on ait les partenaires idéales pour y aller. Le but c’est vraiment de tout cramer…

MF : De faire les choses bien aussi.

Jona : C’est ça. Le but c’est de foutre nos vies à la poubelle pour ce groupe. Quand on a recommencé, j’ai demandé au zinzin : « là si on part, si on fait le plan qu’on a défini avec Aisa, c’est un plan sur 3, 4 ans ». Et tout le monde a dit oui. Mettre nos vies à la poubelle, c’est super. Ça impliquait aussi d’emprunter beaucoup d’argent. J’ai la chance d’avoir des parents à qui j’ai pu emprunter de l’argent pour presser ce disque, parce que c’est nous qui l’avons pressé, même si on a le label. Represser tout le back-catalogue pour avoir un beau merch, refaire de la promo, enfin toutes ces conneries tu vois (rires). Et maintenant il faut que la machine tourne et surtout on a une chier de plaisir à faire ça et on va se donner corps et âmes et faire pour que ça marche quoi.

MF : Du coup moi j’ai fini. Si tu as un petit mot pour finir.

Jona : Ben le mot du moment c’est chien. Qu’on a transformé en kiens, à l’Italienne. C’est pas exactement ça (rires), mais c’est notre nouveau mot (rires).

MF : C’est sympa comme mot de la fin (rires).

Jona : Je suis désolé, mais pour nous c’est chien tout le temps (rires).

MF : Et ben merci.

Jona : Merci à toi.

En pleine tournée pour les 10 ans de Precambrian, j’ai eu l’opportunité de discuter avec Robin à propos de ce qui se passe chez The Ocean.

MF : Salut Robin. Pelagial est sorti il y a 5 ans maintenant et il y a eu pas mal de changement dans le groupe. Comment se sent le groupe actuellement ?

Robin : Vraiment bien !

MF : Ah ouais ?

Robin : Mieux que jamais. On est vraiment très heureux de revenir sur scène. On a pris un peu de temps après… En fait ces 2 dernières années, nous n’avons quasiment pas tourné. La dernière grosse tournée remonte à 2016. On a tourné en Amérique du Sud puis en Australie, mais même cette année-là, on n’a pas fait grand-chose. En 2017 on n’a pour ainsi dire pas jouer avec seulement 3 concerts. Tout le monde a pris du temps pour faire d’autres choses et c’était vraiment nécessaire. Parfois tu te dois de prendre du recul et te demander si tu veux continuer à faire ça, et surtout pourquoi. Et je pense que tout le monde à trouver sa réponse et on est super heureux maintenant de travailler sur le nouvel album. Cette tournée pour Precambrian nous coupe un peu dans l’élan, parce qu’elle n’est pas vraiment bien placée tu vois. On est en plein milieu de l’enregistrement et on s’est mis une deadline assez serrée, et au milieu de ça, il faut répéter un album qui a 10 ans et qui n’est pas évident à retranscrire en live. C’était un peu fou dans un sens, mais on a réussi à le faire fonctionner et ça fait du bien de jouer quelques concerts, de sortir du studio et d’être dans un environnement de tournée de nouveau. Donc oui, tout le monde est dans un bon état d’esprit.

MF : Parfait. Vous êtes donc au milieu de la tournée anniversaire pour Precambrian. Comment t’es venu l’idée de faire cette tournée ?

Robin : Et bien, je ne suis pas forcément pour ces tournées anniversaires. A un moment donné, tu peux faire des tournées anniversaires tous les ans, tu vois. On pourrait faire une tournée pour les 5 ans de Pelagial ou faire une tournée pour les 10 ans des Centrics dans 2 ans. Je pense que c’est un peu facile à faire, mais Precambrian est vraiment l’album qui a le plus gros ressenti parmi nous. Je pense que c’est l’album qui a été le plus important dans la définition du notre son, même si c’était avant que Loïc ne rejoigne le groupe. Je pense que la deuxième partie, Proterozoic, que nous jouons a tracé le chemin qu’allait suivre The Ocean pour les années suivantes. Et je pense que beaucoup de fans le perçoivent de la même façon. On voulait donc vraiment le faire, parce qu’on ne l’a jamais joué live à l’époque. C’était aussi un vrai challenge. Il y a une raison pour laquelle on ne l’avait jamais fait, c’est parce qu’il y a des morceaux qui sont très dur à faire fonctionner en live. Mais j’avais le sentiment qu’il fallait essayer ça avec le line-up actuel du groupe. Et le fait que le nouvel album sur lequel on travaille actuellement est dans la continuité conceptuel d’où s’était arrêté Precambrian, c’est en fait l’ère géologique suivant le precambrien, on voulait donc faire la connexion entre le passé et le futur en gros.

MF : Ok, c’était ma prochaine question (rires).

Robin : Oh, désolé.

MF : C’est pas grave. On a pu entendre la nouvelle version de Rhyacian avec la voix de Loïc. Cela donne une approche différente au morceau, plus mélodique. Est-ce que c’est une sorte d’avant-goût de ce que va être le nouvel album ?

Robin : Je crois que cette version de Rhyacian donne une bonne idée de ce qu’est le son de The Ocean en 2018. C’est un vieux morceau, mais d’un autre côté, avec cet enregistrement et ce line-up, il revient dans de nouvelles conditions et de nouvelles circonstances. Bon, on a toujours eu des voix mélodiques depuis l’arrivée de Loïc et ça ne va pas changer. Il y aura beaucoup de voix mélodique sur le nouvel album. Le nouvel album sera également vraiment très lourd et ça va vraiment se connecter avec les morceaux récents de Pelagial avec les anciens

MF : Ok. Vous êtes donc en plein enregistrement pour Phanerozoic. Je suppose que ça va être un concept album ?

Robin : Tout à fait.

MF : Est-ce que tu as déjà des idées sur ce qu’il va parler ?

Robin : Comme je l’ai dit, c’est l’ère juste après le précambrien, donc on va continuer là où Precambrian s’est arrêté. En gros, c’est le lien manquant entre Precambrian et Heliocentric pour ainsi dire. Conceptuellement cela va être un gros album parlant du concept du temps, vu sous différents angles, et il va être séparé en 2 parties. La premières, qui sortira le 2 Novembre, s’appellera Phanerozoic I. Et la seconde partie devrait sortir à la fin de l’année 2019 et sera un peu plus expérimental musicalement. On va explorer des territoires que l’on n’a jamais vu par le passé, alors que le premier sera donc le lien entre Precrambrian et les morceaux plus récents comme le ré-enregistrement de Rhyacian ou le morceau The Quiet Observer. Enfin les dernières choses qu’on a sorti quoi.

MF : Ok. Est-ce que c’est toi qui écrit toujours l’intégralité des morceaux pour The Ocean ou est-ce que tu laisses plus de liberté aux autres membres ?

Robin : J’ai composé la première partie tout seul. Sur la seconde, il y a 2 titres qui ont été composé par Paul et dans lesquels je n’ai rien à voir. Mais ils correspondent parfaitement au concept de l’album qui est plus expérimental et qui va dans d’autres directions. Loïc à toujours écris ses lignes de chant. On vient juste de terminer les premières sessions voix pour Phanerozoic, il y a une semaine et ça a toujours été la même approche. Loïc arrive avec sa ligne de chant, ses idées ou mélodies et ensuite j’écris des paroles par-dessus et on met ça en commun. Il a donc toujours été impliqué dans le processus créatif. Et c’est pareil pour les autres. Paul contribue énormément à l’aspect batterie des morceaux. Je n’ai programmé que des idées basiques pour la batterie, comparé à avant, parce que je sais qu’il va embellir la chose à sa façon. Donc tout le monde a été impliqué.

MF : Est-ce que tu peux me parler du choix d’enregistrer au Sundlugin studio en Islande ?

Robin : Pour être franc, ça s’est fait un peu à la dernière minute. A la base, on avait prévu d’enregistrer l’album dans la maison de mes parents. Ils ont une vieille maison médiévale du XVIème siècle à la campagne et on voulait faire ça là. Ils ont des pièces qui sonnent et j’ai toujours voulu faire ça là, mais ma mère est tombée gravement malade et on a dû annuler ça pour raison familial. Mais j’ai discuté avec Xie du groupe chinois Wang Wen, qui était en tournée à Berlin. C’est un groupe que je produits avec Pelagic. Je savais qu’ils avaient enregistrer dans ce studio en Islande, j’avais vu leur documentaire. Je lui ai donc demandé comment était l’endroit et il m’a dit qu’ils avaient vécu une super expérience et qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient en fait. Ils ont amené leur propre ingé. J’ai donc pris contact avec le studio en Janvier et je voulais enregistrer en Février, donc c’était vraiment de la super dernière minute. Ils sont revenus vers moi avec un créneau de libre et on est donc parti en Islande pour enregistrer. Et ça correspond parfaitement avec le concept de l’album. C’est un album très froid et très rude, et ça a été bénéfique de partir dans un environnement que l’on ne connaissait pas, surtout quand c’est avec autant d’inspiration naturelle autour. C’est tellement libérateur quand tu créés de la musique et que tu travailles intensément du matin jusqu’au soir. C’était juste parfait. On ouvrait la porte du studio et il y avait une magnifique cascade juste derrière le studio, ça nous a vraiment aidé à atteindre notre zone de créativité et à réaliser quelques choses de bien. La pièce est incroyable. C’est une ancienne piscine transformée en studio. Il y a donc des très hauts plafonds et c’est parfait pour avoir un son de batterie massif, parce que tu peux mettre les micros très loin. Ils également un énorme balcon au-dessus de la batterie et c’était ce son typée grosse pièce que nous cherchions. Il y a donc plein de raison qui nous ont poussé vers ce choix, et à la fin c’était la meilleure solution qu’on aurait pu imaginer.

MF : J’imagine. Est-ce que vous allez enregistrer juste la batterie là-bas ou le reste de l’album également ?

Robin : Non, on a juste enregistré la batterie et quelques orgues. Le studio appartient à Sigur Ros et ils ont ces vieux orgues que l’on a tout de suite vu et aimé. On a donc commencé à les utiliser pour l’album. C’est venu comme ça. Pour le reste, les basses et les guitares ont été enregistrées à Berlin et c’est Magnus de Cult Of Luna qui va les ré-amper. Et le mix sera fait par Jens Borgren, qui avait djéà bossé sur Pelagial, à la fin du mois de Mai.

MF : Parfait. Donc avec la sortie du nouvel album, j’imagine qu’il va y avoir des tournées de prévues

Robin : Oui. Il va y avoir une tournée à la fin Octobre, début Novembre, pour la sortie de l’album. L’album sort le 2 Novembre donc ça sera autour de ces dates, mais ça sera assez court. Il devrait y avoir une dizaine de dates. Mais on fera une plus grosse tournée européenne, probablement en Février ou en Mars.

MF : Ok. Tu as répondu à toutes mes questions, même si je ne te les ai pas posées. Donc si tu as un petit mot à ajouter ?

Robin : Et bien c’est à peu près tout. Acheter le nouvel album. On est très content de tourner avec Rosetta. C’est un groupe que j’aime beaucoup et je pense qu’on n’a pas mal en commun. Donc je pense que ça va être une bonne soirée.

MF : Et bien, merci à toi.

Robin : Merci !

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ENGLISH VERSION

In the middle of their 10 years anniversary Precambrian tour, I had the opportunity to chat with Robin about what’s going on with The Ocean.

MF : Hi Robin. Pelagial came out 5 years ago and there was quite some change in the band. How is the band felling right now?

Robin : Really good!

MF : Yeah?

Robin : Better than ever. We’re all really keen to be back to doing this. We took quite some time off after… Well basically the last 2 years, we haven’t been touring much. The last big tour we did was in 2016. We toured South America, then Australia again but even that year, we didn’t do that much. In 2017 we barely played any shows, just 3 shows last year. Every one took some time off to do different things and that was necessary. Because sometimes you need to take a step back and ask yourself if you really want to do this. And if so why. And I think everyone find an answer to that and we’re super keen now and very much into working on the new album. This Precambrian tour is kind of cutting in, because it’s not really good timing you know. We’re in the middle of working on the new record, we have a tight deadline that we have set to ourselves and in the middle, you have to rehearse a record you release 10 years ago and it’s not an easy record to play live. So, it was a little bit silly in a way, but we made it work and it’s also good to play some shows now and get off the studio and be in a touring environment again. So yeah everyone is in good spirit.

MF : Good. You’re in the middle of that Precambrian anniversary tour. How did you come up with that idea?

Robin : Well, I’m not usually into that anniversary thing. At one point, you can do an anniversary tour almost every year, you know. We can do a 5 years anniversary tour for Pelagial, Like a 10 years Centrics tour in 2 years. I think it’s a little bit of a cheap thing to do, but Precambrian is really the one record that we all still feel very strongly about. I think it’s the album that was very important for the definition of our sound, even if it was before Loïc join the band. I think that the second part of the album, Proterozoic, which we are playing set the path for The Ocean of the coming years. And I think a lot of our fans perceived it that way as well. So, we wanted to do this, and we never play it live back in the days. It was a challenge as well. There’s a reason why we’ve never done it, because there’s some track that are really hard to make work live. And I felt this make sense to try this now with the current line-up of the band, which is a lot more stable and better that it was back in the days. Also, the new record we’re working on, Phanerozoic, is continuing conceptually where Precrambrian left of. So, it is basically the following geological eon after the precambrian, so we wanted to also established that connection between the past and the future basically.

MF : Ok. That was my next question (laugh).

Robin : Oh sorry.

MF : It’s ok. We could hear a reissue of Rhyacian with Loïc vocals. It gives the song a different approach, more melodic. Is it a snippet of what will come for the new album?

Robin : I think that version of Rhyacian is a very good idea of the contemporary sound of The Ocean for 2018. It is an older track, but at the same time, with this recording and this line-up, it comes with new conditions and new circumstances. Well we always have melodic vocals since Loïc joined the band, so this is not going to change. There are gonna be a lot of melodic vocals on the record. The new record is gonna be a really heavy record and it’s gonna connect to the very recent Ocean material like Pelagial to the old ones.

MF : Ok. You’re in the middle of the recording of Phanerozoic. I supposed it will be a concept album?

Robin : Yes.

MF : Do you have any ideas on what it will talk about?

Robin : Like I said, it’s the next eon after the precambrian era. So, it continues where Precambrian left off, so it’s basically the missing link between Precambrian and Heliocentrics so to speak. Conceptually it’s gonna be a big record about the concept of time, from different angle. And it’s gonna be split into two parts. The first one is gonna be released this year on November 2nd, and its title Phanerozoic I. And the second part will be released in late 2019 and this part will be a bit more experimental on the musical side of things. A little more in territories we never explored in the past, while the first one will be the link between Precambrian and the present which is that Rhyacian rerecording or The Quiet Observer. The last thing we put out basically.

MF : Ok. Are you always writing all the stuff for The Ocean or did you let some liberty to the other members?

Robin : This record, I wrote by myself. The first half. For the second one, there are two tracks that Paul wrote, that I have nothing to do with, but I think they fit perfectly with the concept of that record that is more experimental and going in different direction. Loïc has always written his own vocal lines. We just finish the first vocal session for Phanerozoic, like a week ago, and it’s always been an approach where Loïc comes up with the original melodies, lines or ideas then I write lyrics to it and we bring it together so he’s always been involved in the creative process. And every one on their instrument, Paul is contributing a lot on the drumming side of things. I only program the basic drums as compared to the past, as I know he will embellished the things his own way. So, everyone has been more involved with this record than in the past.

MF : Can you tell me more about the choice of Sundlaugin studio in Iceland?

Robin : This was quite a short notice decision to be honest. We originally planned to record it at my parents house. They have an old medieval house from the 16’s century in the countryside and the plan was to record there. It’s a very sounding room and I always wanted to do this, but my mother got really sick and we kind of had to cancel that for family reason. And I was speaking to Xie from the Chinese band Wang Wen, when they were touring Europe in Berlin. It’s another band we’re releasing on Pelagic. And I knew that they have in that studio in Iceland and watch the documentary. I asked about the place and he said that he had a very good experience. Very good room, very good microphone, good gear. And they could basically do whatever they want there. They bring their own engineer so I reached out to the studio in January and we wanted to record in February, so it was quite on super short notice. They got back to me as they had a free slot. So, we decided to go to Iceland to record there. It’s fits the album concept as well. It’s a very cold record, a very harsh record, and it’s always good to take yourself out of the environment that you know and go to a different place, especially when there is inspiring nature all around. It’s so liberating when you create music and you work intensely in the studio from the morning to the evening, and that was just perfect. We open the studio door and there’s this epic waterfall right behind the studio and it really helped us get to the creative zone and achieved something great. The room is incredible. It’s an old swimming pool they transformed into a studio so it has really high ceiling, so it’s perfect for big drum sound, because you can put the microphone far away. They have that balcony above the drum kit, so it’s a big room like we were looking for. So, there was many reasons that led us to this place. And at the end it’s the best choice we could have.

MF : Certainly. Will you just record the drum or are you recording the rest of the album?

Robin : No we just recorded drums there and some organs. The studio belongs to Sigur Ros, and they have these old organs that we’ve sawed and loved and started using for the record. That was a spontaneous thing. But yeah, bass and guitar was recorded in Berlin, and Magnus from Cult Of Luna is reamping them. And then we’re mixing with Jens Borgren, the same guy we mixed Pelagial in the end of May.

MF : Ok. So apart from the new album, I guess there will be touring plan for the future.

Robin : Yes. There will be a tour at the end of October, early November. For an album release tour. The album will come out November 2nd, so it will be around that time. But it will be rather short, around 10 dates. But we will do a most extended European tour, probably in February or March.

MF : Ok. You basically answered all my question even if I didn’t ask you, so if you have any last word to add?

Robin : Well, that’s pretty much it. Buy the new record, and we’re very happy to go out with the guys of Rosetta. A band I really like a lot. I think there are a common ground between us. So, it would be a good night.

MF : Alright. Thank you.

Robin : Thank you!

On va terminer cette semaine concert avec celui que j’attendais le plus. Le retour de The Ocean par chez nous pour les 10 ans de Precambrian. Concert inratable donc, d’autant que ça me permettra de découvrir Rosetta et dont on ne me parle qu’en bien.

Ce sont les Américains qui vont ouvrir la soirée, je rate le premier morceau en terminant l’interview de Robin Staps et j’entre dans le Hublot pour le second morceau. Le son est plutôt bon, même si cela manque de voix. Sur scène le groupe est bien en forme et notamment Mike qui est intenable et qui va au plus près du public. La découverte se fait plutôt facilement tant la musique du groupe est prenante. Le Post-Hardcore fait mouche tout de suite et j’imagine que les connaisseurs ont du prendre leur pied. De mon côté ça passe crème et le set est un excellent échauffement pour la suite.

Près de cinq ans après mon dernier concert avec l’Océan, l’attente était déjà grande, mais savoir que l’intégralité de la partie Proterozoic va être joué ce soir la rend encore plus grande. Dès les premières notes de « Siderian », les frissons arrivent et je me laisse transporter par ce chef d’oeuvre. Le groupe attendra sagement la première explosion de « Rhyacian » pour enfin se lâcher. Tout le monde est en forme, Loïc est comme à son habitude intenable et le reste du groupe suit le mouvement. Seul le petit nouveau montre moins d’entrain, mais effectue bien le boulot. La présence de Dalaï au violoncelle apporte un plus indéniable à ces morceaux et c’est un vrai bonheur de découvrir ou redécouvrir ce Precambrian en live. Que ce soit les classiques « Orosirian » ou « Ectasian » ou les très rares « Stenian » ou « Tonian » qui passe comme une lettre à la poste sur scène. Il faut dire que le local de l’étape, Chris, a fait un son aux petits oignons. Le public a l’air de bien apprécier également et Loïc ira faire quelques tours au milieu des gens. Le groupe quittera la scène quelques instants après la partie Proterozoic pour revenir pour un rappel avec le retour de « Firmament » qui est toujours aussi sympa et la découverte live de « The Quiet Observer », gros pavée de plus de 10 minutes sorti sur l’EP Transcendental (avec Mono). Vous l’aurez compris la soirée a été parfaite et il me tarde maintenant de découvrir le nouvel album!

Setlist The Ocean :
– Siderian (sample)
– Rhyacian: Untimely Meditations
– Orosirian: For the Great Blue Cold Now Reigns
– Statherian
– Calymmian: Lake Disappointment
– Ectasian: De Profundis
– Stenian: Mount Sorrow
– Tonian: Confessions of a Dangerous Mind
– Cryogenian (sample)
———————————
– Shamayim (sample)
– Firmament
– The Quiet Observer

On continue cette belle semaine de concert avec un passage à Besançon pour le festival Circasismic. Un super fest organisé par l’asso du même nom, créée par différents acteurs de la scènes Bisontines, et qui regroupe sur un même site, Rock, Electro et art du cirque. C’est ma première édition et c’est l’occasion de revoir Pauwels, de faire quelques découvertes et surtout de revoir les Suisses de Coilguns qui ont sorti un super album et qui me tarde de découvrir sur scène.

On commence donc la journée avec Pauwels qui jouent comme à leur habitude au milieu du chapiteau. Le groupe a ajouté quelques touches un peu plus « electro » avec l’utilisation de synthé, le tout rendant leur musique encore plus folle. C’est toujours hyper bien joué et le fait de jouer au milieu du public apporte vraiment quelque chose de spécial à leur set. Un concert qui passe hyper vite et c’est encore un super moment passé avec eux. Si vous avez l’occasion de les voir, n’hésitez surtout pas. C’est un spectacle à voir!

Après cette bonne prestation, je retrouve Jona (Coilguns) en backstage pour une belle interview (à venir). Je prend un bon repas et je retrouve l’ami Seb, qui est venu de Pontarlier. On passe rapidement la tête pendant His Electric Blue Voice, leur noise punk me laisse de marbre et on part faire un petit tour du site.
On retourne dans le chapiteau bar pour Necrodancer. C’est plutôt bien exécuté mais comme le précédent groupe, ça ne me laisse pas un grand souvenir et on quitte après une vingtaine de minute la tente pour avoir un peu de calme.

Le groupe suivant s’appelle Brutus et c’est la belle découverte de la soirée. Le trio est emmenée par une batteuse / chanteuse qui martèle ses fûts comme une damnée tout en chantant avec autant d’énergie. Musicalement, on a un mélange de Post-Hardcore et de Punk. C’est hyper bien foutu et ça passe vraiment bien. Le seul bémol est dû au son qui ne permet pas d’entendre correctement la guitare. Vraiment dommage parce que pour le reste c’est vraiment hyper sympa. Le set passe donc vraiment hyper vite et il faudra que je suive d’un peu plus près ce groupe.

On passe maintenant au groupe pour lequel je suis là : Coilguns. Près de 4 ans sans les voir, l’attente était énorme. Et je n’ai pas été déçu. Quelle prestation des Suisses. C’était violent, c’était malsain, c’était fou. Malgré un petit soucis pour Jona avec un jack en milieu de set, qui a coupé une partie de « Millenials », le reste du concert était excellent. L’arrivée de Donatien apporte beaucoup dans le set, que ce soit musicalement et au niveau de la folie. Mais dur de détrôner Louis là dessus. Dès qu’il délaisse sa guitare, qu’il utilise sur quelques morceaux, il ne lui faut que quelques instants pour sauter dans le public, traverser de long en large la fosse ou encore vivre ses paroles à 4000%. C’est une attraction à lui tout seul. Derrière le boulot et toujours bien fait. Le groupe fait la part belle à son dernier né et les morceaux ultra malsain de ce nouvel opus prennent une excellente dimension en live, notamment mon préféré « Self Employment Scheme ». On ne retrouve que 2 vieux morceaux ce soir avec 2 extraits de Commuters, dont le monument « Earthians » qui cloture toujours à la perfection le set des Suisses. La soirée se termine donc à la perfection avec un set bien fou des Coilguns. Je ne verrai pas la prestation de Horskh, vu l’heure tardive et les 2 heures de route qui m’attendaient.

Setlist Coilguns :
– Anchorite
– Deletionism
– Submarine Warfare Anthem
– Ménière’s
– Millenials
– Blackboxing
– Self Employment Scheme
– Earthians

Après un passage bien trop court au Plein Air de Rock l’été dernier, les Autruches de Psykup reviennent dans l’Est au Hublot pour une date en tête d’affiche pour leur grosse tournée Ctrl+Alt+Fuck. Ils seront accompagnés ce soir par Hangman’s Chair qui vient défendre son petit dernier sorti il y a à peine 2 mois. 2 groupes aux identités sonores bien différentes, mais qui sont tout de même des références hexagonales. Des références qui n’attirent pas la foule puisqu’on n’a pas du dépasser les 50 personnes dans la salle. Il y a encore des assos qui se bougent pour faire vivre la scène, mais les gens s’en tamponnent… Il ne faudra pas se plaindre que plus rien ne bouge…

Passons sur ce petit coup de gueule et passons au groupe, c’est le plus important. On attaque donc par les leaders de la scène Sludge/Doom Française. Les banlieusards vont profiter d’une bonne heure de set pour défendre leur nouvel album. Musicalement, il faut accrocher. J’aime pourtant le style habituellement, mais là j’ai un peu de mal à accrocher, en tout cas sur la longueur. C’est pourtant hyper bien foutu et très bien exécuté. Le groupe joue beaucoup sur les lights et ça rend le show plutôt sympa. Alors je ne sais pas si c’est le son pas forcément au top, avec la guitare de Cédric qui était presque inaudible ou alors ce manque de chant plus guttural, mais je n’ai pas réussi à rentrer comme il faut dans ce set. Les quelques personnes présentes ont l’air d’apprécier plus que moi et répondent gentiment au groupe.

On continue la soirée avec Psykup. Je sais que l’ambiance va être un peu plus festive que pour Hangman’s Chair et ça se confirme dès l’intro. Le groupe débarque sur « Surfin’ USA » des Beach Boys, chemises hawaïennes et lunettes de soleil vissées sur la tête. Le groupe attaque ensuite par le duo d’ouverture de Ctrl+Alt+Fuck et donne tout de suite le ton. Peu importe le monde présent, le groupe se donne comme si la salle était pleine. La complicité entre les membres est énorme et ça se ressent à fond sur scène. En plus, le son est bon et le public répond tout de même bien présent. Côté setlist on est plus que gâté avec une grosse majorité de morceaux de Ctrl+Alt+Fuck et notamment les monstres « Cooler Than God » ou « Crisis Of Today ». A leurs côtés seulement 4 vieux titres, qui s’intègrent parfaitement aux côtés des nouveaux. Il faut dire que les « Do It Yourself », « Libido » ou « Love Is Dead » sont fait pour le live. Le groupe terminera son set par l’excellentissime « Teacher » qui mettra une baffe à tout le monde avant de partir.

Un peu déçu par le nombre de personne présente, mais la qualité des 2 sets (même si j’ai pas forcément apprécier Hangman’s) rattrape le tout!

Setlist Psykup :
– Violent Brazilian Massage
– We Will Win This War
– Do It Yourself
– Libido
– Shampoo The Planet
– Cooler Than God
– SSanta ClauSS (Write Me A Letter)
– Crisis Of Today
– The Intelligence
– Love Is Dead
– Teacher

Lors du passage de Dagoba chez Paulette, j’ai pu m’entretenir avec Richard, le petit dernier dans le groupe.

MF : Ca fait pas mal de temps que je n’avais pas interviewé le groupe. Du coup il y a eu quelques changements dans le line-up avec l’arrivée de Bastos et la tienne récemment. Est-ce que tu penses que c’était quelque chose qui manquait au groupe pour aller plus loin?

Ritch : Euh, je pense pas. Le line-up d’avant était quand même pas mal avec Franky notamment, qui était un pilier du groupe. Il y a plein de gens qui pensait que son départ allait mettre un gros coup de tête à Dagoba et que le groupe allait s’écraser. Et en fait pas du tout, l’identité de Dagoba c’est Shawter, c’est lui qui fait presque tout donc ça sera toujours comme ça. Donc forcément, c’est pas parce que un mec bouge ou s’en va qui va faire la différence. Le groupe avait pas forcément besoin de ça pour aller plus haut. En tout cas pour l’instant ça marche bien et c’est en bonne voie, donc tant mieux. Ca fait pas très longtemps que je suis dans le groupe donc j’ai pas le recul, mais en tout cas les mecs ont la dalle. Donc on va essayer de faire les choses bien avec ce line-up et ils sont très content de ce line-up.

MF : Du coup ma prochaine question aurait été un peu plus pertinente si c’était un des 2 anciens du groupe, mais c’est pas grave. Du coup parle-moi un peu de ton intégration dans le groupe et surtout pourquoi tu as été choisis?

Ritch : Alors, en ce moment le tour manager du groupe, c’est Fred, le bassiste de DELUGE, donc de mon autre projet. Et un jour il me dit : « Voilà, Dagoba cherche quelqu’un » et ça s’est fait ultra vite. Ca s’est fait en 2 semaines. Ils m’ont contacté : « Viens sur Paris, on joue un morceau ou deux ». J’avais bien bossé à la maison et j’étais fan du groupe quand j’étais plus jeunes donc c’est allé vite. Je suis arrivé là-bas, ça a tout de suite matché. Ca a super bien marché, les mecs ont été super cool, on a fait les morceaux et hop c’était parti. J’ai pris un covoit pour rentrer de Paris et ils m’ont appelés dans la voiture pour dire : « c’est bon, on y va! ».

MF : Donc c’est cool quoi.

Ritch : Ouais.

MF : Ouais, est-ce que tu penses que l’arrivée de Bastos a pu changer la manière de composer de Shawter?

Ritch : Ouais, parce que Shawter laisse vachement de liberté aux musiciens pour l’interprétation. Lui fait le morceau et je sais que Bastos a pu rajouter ses petites pattes, ses petits breaks, enfin les trucs qu’il aime bien faire. Je pense que ça amène un truc différent. Peut-être pas un plus, mais un truc vraiment différent et moi j’aime beaucoup. C’est peut-être pas forcément évident.

MF : Ben c’est vrai que la différence est pas forcément très marqué avec ce que faisait Franky, mais on sent quand même ce petit changement et cette petite patte en plus qui marque un bon changement.

Ritch : Carrément ouais.

MF : Du coup, le nouvel album s’appelle Black Nova. Les précédents traitaient beaucoup de l’eau. Un thème qui tient beaucoup à Shawter. Du coup, de quoi parle ce nouvel album?

Ritch : Ben de ce que j’ai pu discuter avec Shawter. Black Nova c’est vraiment un changement. Déjà de line-up, un changement de direction artistique. Shawter a vraiment voulu faire quelque chose de plus grandiloquent. De mettre la barre un peu au-dessus et Black Nova c’est dans sa tête. Une Nova c’est une étoile et il a essayé de montrer autre chose, le fait d’exploser… Tu vois ce que je veux dire.

MF : Une sorte de nouveau départ?

Ritch : Ouais. Et tu vois il y a quand même un peu le thème de l’eau sur la pochette avec ce visage qui a la tête dans l’eau… Enfin moi j’adore cette pochette. Et je pense que c’est pour marquer ce changement artistique.

MF : Si je me plante pas c’est la première fois que tout l’album est produit par Dagoba?

Ritch : Il me semble que oui…

MF : A part le mix qui est de Jacob Hansen…

Ritch : Ouais ça a été fait là-haut.

MF : C’était une volonté du groupe de se retrouver maître du projet.

Ritch : Complètement. J’étais pas là au moment de la décision, mais c’était vraiment ce qu’ils voulaient. Il y a eu des changements de labels, de directions, de plein plein de trucs et c’était vraiment voulu. D’ailleurs je trouve que c’est pas plus mal.

MF : Ouais, les retours sur l’albums sont plutôt très bon. Ca doit forcément faire plaisir au groupe de toujours continuer à maintenir le cap après toutes ces années?

Ritch : Ouais c’est génial parce que celui d’avant avait pas forcément hyper bien marché. Là avec Black Nova, c’était peu un coup de poker. Tu fais un truc différent, est-ce que ça va accrocher? Et ça marche. La prod, elle est folle. Jacob a bossé comme un fou. On est très content de l’album. C’est vrai qu’il est bien reçu. C’est encore mieux quand les gens apprécient.

MF : C’est sûr.

Ritch : T’es fier de présenter un projet et en plus les gens ont compris ce que tu voulais donc c’est nickel.

MF : Ouais, ouais. Il y a eu 2 clips qui ont été sortis avec Brice de Smash Hit Combo. Il y a d’autres projets avec lui qui peuvent arriver?

Ritch : Ecoute, ça on verra. Il y a rien de fait pour l’instant. Là, on joue beaucoup en ce moment donc tout ce qui est clip… Inner Sun et Stone Ocean ont été fait en clip avec Brice, moi j’étais pas là mais apparemment ça s’est très bien passé.

MF : Le résultat est vraiment top.

Ritch : Ouais. Avec mes autres projets, j’ai déjà bossé avec lui, donc je sais comment il bosse. C’est un tueur et c’est hyper pro. On verra par la suite, pour le prochain ou pour un autre morceau. On n’a rien décidé de ça.

MF : D’accord. T’en parlais justement, vous sortez d’une belle tournée avec Vader, là vous repartez sur pas mal de dates. Je suppose que tout se passe bien?

Ritch : Ouais. La tournée avec Vader et Kreator c’était vraiment une bonne expérience. C’était 3 semaines en tour bus avec des groupes légendaires. Enfin Kreator c’est un truc fou quand même. C’était une expérience de malade, parce que tu te retrouves en ouverture, t’as 30 minutes, tu joues à 20h, il faut que tout soit millimétrés… Le temps de set, le backline. Il faut être ultra pro. Ca te forme…

MF : C’est une bonne mise en pratique pour toi.

Ritch : C’est vrai. Et Dagoba est souvent en tête d’affiche en France. Là t’es en ouverture, t’es tout petit et c’est rigolo. C’est comme passé du collège au lycée. Tu te dis : « Merde c’est plus moi le plus balèze ». Et c’est vraiment drôle. Mais c’est une expérience de malade. C’était génial.

MF : Je sais que pour la plupart des groupes, c’est d’aller le plus loin possible. Là le groupe a découvert des endroits où il n’était jamais allé. Il y a la Grèce je crois…

Ritch : La Grèce c’était la première fois… Macédoine aussi… Ouais il y avait quelques pays comme ça…

MF : Ils ont découvert aussi le Japon et le Maroc. Ca s’est passé comment toutes ces découvertes?

Ritch : C’est marrant que tu parles du Maroc parce qu’on en parlait il y a 2, 3 jours. Ils pensaient : « Merde. On va au Maroc pour faire du Métal. Ca va pas marcher! » et au final les gens en ont rien à foutre… En fait c’était fou. Reçu comme des princes, un public fou. Et tu t’aperçois que le Métal, ça peut marcher partout. C’est pas une question de région ou quoi… Là le Japon, il y a un projet pour y retourner, mais pareil accueil fou quand ils y sont allés. Là quand on est allé en Grèce, tu te dis : « Putain, on est en Grèce… ». On entend plein de truc à la télé, c’est un pays qui est dans la merde et en fait c’était génial. Les salles étaient géantes, les gens te connaissent pas et après 3 mesures c’était le bordel dans la fosse. Ils gueulent. C’était vraiment génial. Les découvertes de pays marchent bien en tout cas. Je pense que Dagoba peut réussir à faire quelques choses.

MF : Tu en as parlé un petit peu. Du coup il y a des projets qui arrivent pour sortir un peu de l’Europe?

Ritch : Alors comme je te l’ai dit il y a le Japon. Après le but de Dagoba c’est de tourner un max, c’est de jouer partout, tout le temps, d’aller toujours plus haut, toujours plus loin. Donc là à part ça, il y a 2, 3 trucs dans les tuyaux, mais rien de concret pour l’instant. On va voir…

MF : C’est en négociations…

Ritch : Exactement!

MF : Le groupe continue a être l’un des fers de lances de la scène Métal en France. Ca met pas une pression supplémentaire d’avoir cette image de gros groupes?

Ritch : Ben, c’est super drôle parce que moi j’ai 28 ans, Shawter en a 38. Il y a un décalage générationnel et c’est vrai que je me suis dit : « Putain je vais être dans Dagoba… ». C’est un groupe que j’écoutais quand j’étais ado. Eux ça fait 20 ans qu’ils tournent. J’ai jamais tourné comme ça autant et t’as la pression sans l’avoir parce que ça coule de source. Tu le sens chez les gens. Là hier à Savigny quand t’es au merch, t’as des gens de 45 ans, t’as des jeunes. Et les gens sont avenants et contents. Ca reste humain, et même si t’es un des fers de lances de la scène Française, tu reste un mec normal. Donc non on peut pas dire qu’il y a de la pression. Ca roule, on continue à faire ce qu’on fait et si ça marche tant mieux.

MF : Ouais. On sait que pour beaucoup de groupe de Métal, surtout en France c’est compliqué de vivre que de sa musique. Est-ce que Dagoba arrive à le faire maintenant?

Ritch : Ouais, ouais. Dagoba vit de sa musique. C’est vrai que c’est rare dans le Metal, mais Dagoba peut vivre de sa musique.

MF : Ok.

Ritch : C’est compliqué hein…

MF : Je me doute, quand je pense à Walls Of Jericho que j’ai interviewé ici et qui m’ont dit qu’ils avaient un boulot à côté…

Ritch : Sérieusement?

MF : Ouais ouais…

Ritch : Wow!

MF : Ouais, j’ai halluciné qu’un groupe comme ça, qui tourne énormément…

Ritch : Après c’est des ricains. Et les ricains c’est compliqué vu qu’ils ont pas le statut d’intermittent et toutes ces choses-là. Je sais qu’on a joué avec pas mal de groupe ricains avant et ils nous disaient que c’était la misère chez eux… Ils jouent pour 3 bouts de pain. Mais tu vois Walls Of Jericho, je pensais pas quand même.

MF : Ca m’avait vachement surpris aussi.

Ritch : Même Candace?

MF : Il me semble qu’ils sont tous dans ce cas là.

Ritch : Parce que l’autre gratteux joue aussi dans Stick To Your Guns et ils tournent beaucoup.

MF : Ben là, il était pas avec eux donc je sais pas…

Ricth : Parce que Stick To Your Guns ça tourne 6 mois dans l’année, c’est un truc de fou…

MF : C’est clair. Bon ben j’en ai fini avec cette interview. Si tu as un petit mot pour finir.

Ritch : Ben merci. C’est rigolo de se recroiser ici, parce que comme je suis du coin…

MF : Tu joues à la maison là…

Ritch : C’est ça, je joue à domicile, donc je suis super content et on va forcément se recroiser! Merci à toi.

MF : Merci.

Le passage des Dagoba chez Paulette marque ma reprise des concerts pour 2018 et mon vingtième concert des Dagoba. Ils seront accompagnés ce soir par les Allemands de Pyogenesis et par les lorrains de Temnein.

Ce sont les locaux qui vont ouvrir la soirée. Presque 5 ans après les vu à Nancy, je retrouve donc le quintet sur scène et l’avis que j’avais eu à l’époque ne changera pas. Le groupe tient très bien la scène et sera très bien suivi par un parterre déjà bien rempli. Le son est correct dans la salle et ça permet de bien apprécier le Death mélo du groupe. La soirée commence donc très bien.

On passe ensuite à Pyogenesis, que je vais découvrir ce soir. Le premier contact est un peu surprenant. Le groupe mélange plein de style et on est un peu perdu. Mais au fil du set cela commence à rentrer et on se retrouve vite à hocher de la tête, à reprendre les parties sing along demandées par le leader Flo V. Schwartz. Une frontman qui communique énormément et qui tente au maxi de nous parler en Français. Les mecs ont le smile sur scène, le public répond très bien au groupe et au final je passe un excellent moment.

On va terminer la soirée en beauté avec le retour de Dagoba en Lorraine. C’est un peu la découverte pour moi, parce que je ne les ai pas revu depuis le changement de line-up et ça passe tout seul. Que ce soit Bastos derrière les fûts ou Richard, qui joue à domicile, à la gratte. Il y a énormément de complicité entre les membres et ça se ressent sur scène. On croirait presque que les mecs tournent depuis des années ensemble. Le set sera relativement classique avec du vieux et du nouveau. Alors que je pensais que le groupe ouvrirait avec « Inner Sun » comme sur l’album, ils ont la bonne idée de balancer « I, Reptile » et « The Man You’re Not ». Les nouveaux morceaux sont taillés pour le live et sont bien repris dans la fosse. Un public qui répondra parfaitement à un Shawter déchaîné (les bons effets de la mirabelle). Circle Pit, Wall Of Death, Shawter fera même assoir tout le monde sur l’intro de « The White Guy » avant de faire sauter tout le monde (à la Slipknot sur Spit It Out). C’est sur ce vieux morceau que le groupe quittera quelques instants la scène pour revenir avec « The Great Wonder » et « The Things Within » afin de clôturer un set, toujours mené de main de maître. Si j’ai envie de chipoter un peu, je vais dire que c’était un peu court. Un petit « The Legacy Of Ares » de Black Nova avec un ou deux vieux morceaux n’aurait pas été de refus. Mais l’énergie et la bonne ambiance qui règne avec Dagoba est toujours aussi plaisante à voir sur scène.

Setlist :
– I, Reptile
– The Man You’re Not
– Black Smockers
– Inner Sun
– Stone Ocean
– When Winter…
– The Sunset Curse
– The Infinite Chase
– The White Guy (And The Black Ceremony)
————————————–
– The Great Wonder
– The Things Within

Un des premiers groupe de Métal que j’ai écouté, jamais vu en concert, le tout à Nancy devant 25000 personnes. Même si j’avais quand même quelques doutes quand à la qualité scénique, je ne pouvais pas rater ça. D’autant que pour une fois j’ai pu faire un concert avec des amis qui ne sont pas du tout dans le milieu.

On arrive quelques minutes avant le début du show de SOAD, on se place au niveau de la cabine son et on attends quelques minutes que Daron entre en scène avec « Soldier Side – Intro ». Le son est très bon pour de l’open air et ça va permettre au moins de bien entendre tout le monde. Mes craintes sur la qualité scénique se confirme assez rapidement : tempo ralenti, quelques pains, un Serj qui bouge aussi bien que Ozzy, Daron qui a perdu de sa folie. Bon il reste Shavo qui bouge toujours et John qui groove quand même bien derrière les fûts. Alors oui pour un groupe de cette envergure et avec autant de monde, on en attends toujours plus, surtout en tant que musiciens. Pour les autres et si on met ça de côté, la soirée a été excellente. Le groupe enchaîne les morceaux sans pauses et le public était très très vivant en sautant, chantant et pogotant dans presque toute la fosse. Alors oui, les morceaux sont court mais avoir une trentaine de morceau pour 1h30 de set, c’est vraiment cool. En plus de ça, SOAD a vraiment bien choisi sa setlist en piochant dans toute sa discographie.
Une fois la déception de ne pas avoir ce brin de folie et d’énergie qu’avait le groupe à ces débuts, on passe quand même un très bon moment.

Setlist :
Soldier Side – Intro
Suite-Pee
Prison Song
Violent Pornography
Aerials
Mind (Intro)
Mr. Jack
DDevil
Needles
Deer Dance
Radio/Video
Hypnotize
Dreaming (Middle Breakdown)
Pictures
Highway Song
Darts
Bounce
Suggestions
Psycho
Chop Suey!
Lost in Hollywood
Question!
Lonely Day
Kill Rock ‘n Roll
War?
B.Y.O.B.
Honey
This Cocaine Makes Me Feel Like I’m on This Song
Cigaro
Toxicity
Sugar

Dès l’annonce de l’affiche, j’ai de suite su que cette nouvelle édition du Plein Air de Rock serait ma première. Rien que pour le retour de Psykup et Cult Of Luna ça valait le coup. Si on ajoute Nostromo et la découverte de Carpenter Brut, le tout pour un prix dérisoire, inutile de dire que le rendez-vous était pris. Pas de photo de ma part sur ce festival. J’avais envie de profiter un peu plus des concerts. D’autant qu’on est chouchouté. Le site est très sympa : il y a de la place, il y a de quoi se poser, le tout au milieu des arbres.

J’entame le fest avec les Messins de Dirty Red Shirts, que j’avais découvert en acoustique il y a quelques semaines de ça à la Machine. Et bien au complet c’est toujours aussi sympa. Il n’y a pas encore beaucoup de monde devant la petite scène, mais le public présent répond plutôt bien au groupe et ça permet de commencer ce Festival de la meilleur façon.

On continue le fest de loin avec Black Peaks et son Metalcore dans l’ensemble plutôt sympa, mais avec trop de chant clair. Ca avait l’air de plaire devant la scène, mais j’attendais ceux qui jouaient juste après.

Auteur d’un nouvel album excellent et après 9 ans sans les voir sur scène, l’attente était énorme. Je savais que le set de Psykup serait court donc je vous passerai la petite déception de n’avoir que 8 titres pour ce concert, tant la qualité scénique du groupe n’a pas bougé d’un poil. Les 2 nouveaux sont très bien intégrés et le reste fait le boulot. Que ça soit Brice, toujours aussi impressionnant derrière les fûts, ou le duo Ju / Milka qui tient la scène comme un seul homme. Le set sera fortement orienté sur Ctrl + Alt + Fuck avec le duo d’entrée « Violent Brazilian Massage » et « We Will Win This War » qui donne tout de suite le ton. Le son n’est par contre pas au top (ça sera plus ou moins une constante sur ce fest) avec des gros buzz par moment qui gêne beaucoup. Pour le reste c’est le top. Le nouvel album sur scène est excellent et les vieux morceaux sont toujours aussi bon. Le public se régale et le bordel devant la scène fait plaisir à voir. Après un « Teacher » énormissime le groupe quitte la scène, auteur un excellent set. A revoir très vite en tête d’affiche pour un show beaucoup plus long. Et comme il le dise au début de l’album : ‘They’re back’ et ça fait plaisir.

Setlist Psykup :
Violent Brazilian Massage
We Will Win This War
Do It Yourself
Shampoo The Planet
Cooler Than God
Love Is Dead
The Intelligence
Teacher

On enchaîne direct avec la machine de guerre Nostromo. Découvert (oui honte à moi) il y a quelques mois en première partie de Gojira, les Suisses m’avaient fortement tapé dans l’oreille et c’est donc avec plaisir que je reprend un petit coup de rouleau compresseur. Le groupe est en forme et le public de Jarny répondra parfaitement aux assaults Grindcore des Suisses. La journée défile et les tartes s’enchaînent, ça fait du bien.

J’écoute de loin Sikth en me restaurant. Ca à l’air plutôt sympa, mais j’ai du mal avec les 2 chanteurs. Autant dans Psykup ça se marie bien, autant là, j’ai du mal à rentrer dedans.
J’essaie également de me faire à The Inspector Cluzo. C’est bien foutu, mais le côté rock / impro me saoule assez vite. En tout cas le public apprécie quand même le concert et réserve un bel accueil au groupe qui n’a rien de Métal.

La nuit et la pluie sont là pour le concert de Carpenter Brut. Je n’ai écouté que 2, 3 titres mais je me dis que de l’électro joué en live avec 2 vrais zicos, ça doit quand même valoir le coup. Et c’est le cas, ça passe plutôt très bien sur scène, même si à la longue ça devient un peu trop répétitif. La fatigue de la journée et l’attente de CoL n’aidant sûrement pas à apprécier pleinement ce concert. Comme tout au long de la journée, le public répond présent et ce malgré des styles bien différents. La petite reprise de « Maniac » de Flashdance permet de terminer le set avec des centaines de Métalleux chantant un tube des années 80. Qui a dis que le Métal était réservé qu’à des gros bourrins.

La fin de soirée arrive avec Cult Of Luna qui sont à Jarny pour leur unique date en France cette été. Autant dire que j’attendais ça avec impatience. Pas de Julie Christmas ce soir donc rien de Mariner, mais le plaisir de retrouver les « vieux » titres sur scènes. Le son est bien fat, même si on retrouve encore ces soucis de buzz et les lights sont toujours aussi magnifique. J’avais envie de voyager avec CoL et ça sera chose faite. Ils savent y faire les Suédois en démarrant directement avec LE morceau que j’attendais le plus : « Vicarious Redemption ». Les yeux se ferment et je me laissent bercer par la musique du groupe. Pendant plus d’une heure, je ne sens plus la pluie, je ne suis plus fatiguée, je suis juste ailleurs. Il faut dire que le groupe a mis les atouts de son côté en incluant « Dim » à la setlist aux côtés des plus classiques « Ghost Trail » ou « In Awe Of » pour clôturer ce set. Le groupe était en plus dans une belle forme avec notamment un Johannes qui passera une grosse partie de son temps sur le promontoire devant la scène. Je crois que je ne peux pas rajouter grand chose, à part que ce groupe sur scène est juste incroyable.

Setlist Cult Of Luna :
Vicarious Redemption
I: The Weapon
Dim
Owlwood
Ghost Trail
Disharmonia
In Awe Of

Cette première édition du Plein Air de Rock, ne sera certainement pas la dernière car le cadre et l’organisation aux petits oignons sont au top. Reste plus qu’une bonne programmation et ça fait un super petit fest.

Depuis 2010, le Impetus Festival nous proposent de très bon concert entre la France et la Suisse. Cette édition 2017 ne déroge pas à la règle et je me rends donc à la Poudrière pour la soirée avec Regarde Les Hommes Tomber, DELUGE, Pauwels et Erwan Keravec.

On commence avec le très conceptuel set de Erwan Keravec qui déambule seul au milieu de la Poudrière. J’ai beaucoup de mal à entrer dans ce concert et j’écoute de loin en attendant que ça se termine.

On reste dans le conceptuel avec Pauwels, mais cette fois c’est beaucoup plus sympa. Les Strasbourgeois, accompagnés ce soir par Fre (ex Membrane) à la deuxième batterie, proposent un MathCore instrumental ultra bien foutu et joue au milieu de la salle. Le contact avec le public est donc très présent et cela se ressent puisque l’accueil est excellent. L’énergie que déploie le groupe est énorme et ça fait un bien fou de voir un groupe comme ça. La demi-heure passe hyper vite et on a qu’une envie, c’est de les revoir. Si ça passe par chez vous, n’hésitez surtout pas.

Je retrouve ensuite les DELUGE sur scène. Comme d’habitude le show de DELUGE est excellent. On sent que l’enchaînement des dates les faits progresser encore et encore. Le show est rodé, les lights collent toujours parfaitement à la musique et les zicos montrent toujours une grosse envie. Le public suit plutôt bien le groupe et le concert se passe bien. Le set sera un peu cours et on n’aura donc pas le droit à Aether en entier, mais c’est avec plaisir qu’on se prend les « Avalanche », « Melas/Kohle » ou « Houle ». Là encore la demi-heure passe vite et permet de continuer la soirée de la meilleure des façons.

On passe ensuite à Regarde Les Hommes Tomber que je vais découvrir sur scène. Je ne suis pas un adepte de Black, mais force est de constater que la réputation du groupe n’est plus à faire. C’est carré, c’est puissant et bien sûr l’ambiance est là. Petite bougie, bâtons d’encens pour diffuser de la fumée, lumière à forte tendance rouge. C’est chiant pour faire des photos, mais ça participe grandement aux shows. Ne connaissant que peu le groupe et n’étant pas hyper fan du style, j’ai du mal à rester captiver tout au long du set. Mais la qualité est là et la soirée se termine très bien.