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Interview de The ARRS

Posted: 13 février 2017 in Interviews

Alors que la fin du groupe vient d’être annoncée, je profite de la première date du Crépuscule Tour pour interviewer les The ARRS. A mon arrivée, Nico m’indique qu’ils ne parleront pas de la séparation tant que la tournée ne sera pas finie. Ca me sucre quelques questions, mais j’ai quand même de quoi faire parler un peu Nico et Pierre.

MF : Bon alors on peut zapper les questions sur la fin du groupe…

Nico : C’est ça.

MF : Vous allez quand même sortir 3 nouveaux morceaux avec le dernier line-up du groupe. On peut s’attendre à quoi musicalement?

Nico : Une dans la lignée et deux tests.

MF : D’accord. Un peu d’expérience?

Nico : Une un peu plus extrême… une un peu plus moderne…

Pierre : Ouais, il y en a une dans la patte The ARRS, vraiment Hardcore, plus Hardcore que Metal d’ailleurs. L’autre un peu plus mélo, un peu plus actuelle. Et la dernière, très très sombre.

MF : Ok. Vous allez sortir ça gratuitement, pour remercier les fans. C’est une sortie physique ou numérique?

Nico : Pour l’instant, ça va être numérique. Après on ne sais pas trop encore comment on va exploiter ça. Si on fait ça pour des assos, pour un split avec un autre groupe. On attend d’avoir le produit dans les mains et on verra. On peut le donner, on ne sera pas à la SACEM.

Pierre : On garde ça juste pour nous.

Nico : On l’offrira aux magasines, on verra.

MF : Ca marche. Est-ce que Mickael, qui vient d’arriver, à participé beaucoup à la composition de ces morceaux?

Nico : Ouais, on a vraiment voulu… Enfin quand il est arrivé au mois de mai dernier, on a dit que de base pour 2017, même si on avait déjà pensé à arrêter, on voulait qu’il participe vraiment au son de The ARRS. Et donc voilà, il a réfléchi à plusieurs riffs, ils se sont vu avec Pierre et Phil et voilà. Ca a accouché de plusieurs titres et on en a gardé 3.

MF : Donc du coup, c’était quand même une volonté de sortir un truc avec Mickael, en plus de sortir quelque chose pour les fans?

Nico : Ouais c’est important pour nous. Ca reste famille. A la base, c’était avant tout pour Mick. Et après, c’était une évidence qu’il fallait le sortir pour tout le monde. Mais sans chercher un label ou quoi que ce soit.

MF : Donc malheureusement, c’est la fin. Ca fait quasiment 12 après la sortie de « Et la douleur est la même », quasiment 20 ans après la création du groupe…

Nico : Oui (rires).

MF : Vous pouvez me faire un petit bilan de toutes ces années avec The ARRS?

Nico : Ben c’est les gars de base depuis le lycée. C’est 5 albums, des lives, des belles tournées, des festivals, des grosses barres de rires… des grosses cuites (rires).

Pierre : Ouais c’est des souvenirs de fous.

Nico : C’est toute une vie. C’est toute notre vie quoi. Et en fait c’est pas vraiment fini, on a du mal à en parler au passé parce qu’il y a encore du très très lourd qui arrive jusqu’à la fin de l’année.

Pierre : C’est pour ça aussi qu’on en profite à fond. On tourne une page, mais c’est vrai que c’est fou. On ne pensait pas en arriver là quand on a commencé. On a fait des trucs ouf…

Nico : A la base, on a créé le groupe pour jouer dans un bar.

Pierre : Ouais, c’est ça.

Nico : C’est un peu ça le concept, jouer dans un bar sur Paris, pour avoir des consos gratos (rires).

Pierre : Après t’as des trucs un peu clés. La première fois où on a…

Nico : Ca y est, tu pars dans le « Member berries ». « Oh I love Chewbacca » (avec une petite voix)…

Pierre : Non, je réponds à la question monsieur…

Nico : (En voyant que je comprenais pas la blague). Ah t’as pas vu la dernière saison de South Park en fait?

MF : Non j’ai raté ça.

Nico : Ah ben il faut, c’est magnifique. Ils attendaient l’élection de Trump… Mais c’est pour les trentenaires, sinon tu comprends pas. Et t’as les « Member berries ». C’est des petits fruits qui te rappellent ton enfance dans les 80’s… Et là c’est un peu pareil, il part dans les souvenirs (rires)…

Pierre : Mais non, je répond à la question, mais je t’en prie, parles Nicolas. T’as tellement envie de parler que je vais te laisser répondre.

Nico : Ben non justement, j’ai pas envie de répondre à ces questions là… T’auras le temps d’en parler…

MF : C’est pas grave…

Nico : Bon allez vas-y…

Pierre : Non, non…

Nico : C’est vrai que ça me fait mal au coeur de parler des trucs d’avant. On a l’impression qu’on est déjà mort.

Pierre : Ben on est vieux hein… On n’a plus 20 ans…

Nico : Faut arrêter de faire du son de jeune (rires).

MF : Ben du coup, The ARRS a toujours été un groupe de live. C’est quoi le meilleur souvenir que vous avez avec The ARRS?

Pierre : Il y en a pas mal…

Nico : Il n’y en aura pas qu’un. Ca c’est sûr…

Pierre : Moi, je dirais la tournée avec Suicidal Tendencies.

Nico : C’était cool ouais.

Pierre : Ca c’était cool, déjà pour la légende, pour avoir tourner avec eux. Ca nous a beaucoup appris. Et puis le tour bus, c’est assez confortable aussi (rires)…

Nico : Après la première date au Nouveau Casino en septembre 2005, avec celle du Trabendo… Et les Hellfest…

Pierre : Les Hellfest aussi…

Nico : L’Olympia c’était bien…

Pierre : Avec Mass ouais… Il y en a beaucoup quoi. On en parlait tout à l’heure dans le cametard, mais quand on fait des petits clubs et que c’est blindé. Comme quand on a joué à Angoulême, c’était chanmé…

Nico : C’est vrai qu’on adore les clubs donc on en inclus toujours dans les tournées. On peut pas faire que de la SMAC ou des grosses salles comme ça. Et voilà, jouer avec des assos qui se cassent le cul comme nous on a fait au début. Ca donne un peu de crédibilité aux orgas aussi.

Pierre : On a fait le Brin de Zinc aussi où on a joué avec In Arkadia. C’était une toute petite salle et c’était la guerre.

Nico : Ouais, super accueil et un public de fou.

Pierre : C’était fou, les murs suintaient, ça slammait de partout…

MF : Le bonheur quoi…

Pierre : C’est ça.

MF : Bon, bous allez finir avec une belle grosse tournée en France. C’était important pour vous de finir avec tout le monde, on va dire, plutôt que de faire une ou deux grosses dates sur Paris?

Nico : Non, on avait vraiment besoin de revoir tout le monde. De te revoir, de recroiser les gens et de voir ce qu’ils veulent nous dire pour finir. On va s’exprimer encore et avec les 3 nouvelles chansons, ça donne encore plus la gouache de voir ce que ça va donner en live. Bon, ça ne sera qu’à partir du mois d’avril mais…

MF : Ben moi, du coup, en tant que vieux fan, j’ai la petite question de savoir si il y aura des surprises dans le set?

Nico : On va changer souvent de titres. Ce soir il y aura pas mal de nouveau, demain il y aura plus d’anciennes…

MF : Fallait que je vienne demain en fait (rires)?

Nico : Ben en fait, on a 50 titres dans la discographie donc on aime bien jouer de tout à droite à gauche.

Pierre : Et c’est vrai que ces derniers temps, on a joué pas mal d’anciennes mine de rien.

Nico : Et il y a des chansons de Khronos qu’on n’avait jamais joué et on va en jouer 1 ou 2 ce soir.

Pierre : Enfin c’est un petit mix de tous les albums.

MF : Ok.

Pierre : Mais on s’est dit qu’on allait souvent changer la setlist cette année. D’essayer de la changer à chaque concert. Pour nous et pour le public aussi.

Nico : Si tu veux venir 10 fois, t’auras 10 setlists différentes (rires). On a des gars, qui font des bornes et des bornes à chaque fois et c’est incroyable. 2, 3 heures de caisses des fois, c’est fou. Et comme on boit souvent des coups au merch, on connaît tout le monde (rires).

MF : Et ben du coup, je vais arriver au mot de la fin. C’est compliqué quand un groupe arrête d’avoir plein de chose à raconter…

Nico : Ben on peut parler de plein de chose après. Pierre a envie de parler de Trump je crois (rires)…

Pierre : Je préférerais parler de sa fille ou de sa femme (rires)…

Nico : Non mais il y aura encore de l’actu. On va sortir 3 titres avec 3 clips. On va faire quelques trucs pour des titres de Khronos. On va laisser pas mal de souvenir cette année.

MF : C’est fini, mais pas tout de suite.

Nico : C’est ça. On va vivre chaque date comme si c’était la dernière, mais c’est pas fini.

MF : En tout cas merci à vous.

Nico : Merci à toi et du coup cul sec. C’est la tradition (rires)…

Me voilà à boire ma bière cul sec avec Nico, juste avant de continuer la soirée avec le groupe. Je n’ai pas pu poser toutes mes questions, mais la bonne humeur de Pierre et Nico ont fait le reste.