Archive for mai, 2018

Lors du passage de Dagoba chez Paulette, j’ai pu m’entretenir avec Richard, le petit dernier dans le groupe.

MF : Ca fait pas mal de temps que je n’avais pas interviewé le groupe. Du coup il y a eu quelques changements dans le line-up avec l’arrivée de Bastos et la tienne récemment. Est-ce que tu penses que c’était quelque chose qui manquait au groupe pour aller plus loin?

Ritch : Euh, je pense pas. Le line-up d’avant était quand même pas mal avec Franky notamment, qui était un pilier du groupe. Il y a plein de gens qui pensait que son départ allait mettre un gros coup de tête à Dagoba et que le groupe allait s’écraser. Et en fait pas du tout, l’identité de Dagoba c’est Shawter, c’est lui qui fait presque tout donc ça sera toujours comme ça. Donc forcément, c’est pas parce que un mec bouge ou s’en va qui va faire la différence. Le groupe avait pas forcément besoin de ça pour aller plus haut. En tout cas pour l’instant ça marche bien et c’est en bonne voie, donc tant mieux. Ca fait pas très longtemps que je suis dans le groupe donc j’ai pas le recul, mais en tout cas les mecs ont la dalle. Donc on va essayer de faire les choses bien avec ce line-up et ils sont très content de ce line-up.

MF : Du coup ma prochaine question aurait été un peu plus pertinente si c’était un des 2 anciens du groupe, mais c’est pas grave. Du coup parle-moi un peu de ton intégration dans le groupe et surtout pourquoi tu as été choisis?

Ritch : Alors, en ce moment le tour manager du groupe, c’est Fred, le bassiste de DELUGE, donc de mon autre projet. Et un jour il me dit : « Voilà, Dagoba cherche quelqu’un » et ça s’est fait ultra vite. Ca s’est fait en 2 semaines. Ils m’ont contacté : « Viens sur Paris, on joue un morceau ou deux ». J’avais bien bossé à la maison et j’étais fan du groupe quand j’étais plus jeunes donc c’est allé vite. Je suis arrivé là-bas, ça a tout de suite matché. Ca a super bien marché, les mecs ont été super cool, on a fait les morceaux et hop c’était parti. J’ai pris un covoit pour rentrer de Paris et ils m’ont appelés dans la voiture pour dire : « c’est bon, on y va! ».

MF : Donc c’est cool quoi.

Ritch : Ouais.

MF : Ouais, est-ce que tu penses que l’arrivée de Bastos a pu changer la manière de composer de Shawter?

Ritch : Ouais, parce que Shawter laisse vachement de liberté aux musiciens pour l’interprétation. Lui fait le morceau et je sais que Bastos a pu rajouter ses petites pattes, ses petits breaks, enfin les trucs qu’il aime bien faire. Je pense que ça amène un truc différent. Peut-être pas un plus, mais un truc vraiment différent et moi j’aime beaucoup. C’est peut-être pas forcément évident.

MF : Ben c’est vrai que la différence est pas forcément très marqué avec ce que faisait Franky, mais on sent quand même ce petit changement et cette petite patte en plus qui marque un bon changement.

Ritch : Carrément ouais.

MF : Du coup, le nouvel album s’appelle Black Nova. Les précédents traitaient beaucoup de l’eau. Un thème qui tient beaucoup à Shawter. Du coup, de quoi parle ce nouvel album?

Ritch : Ben de ce que j’ai pu discuter avec Shawter. Black Nova c’est vraiment un changement. Déjà de line-up, un changement de direction artistique. Shawter a vraiment voulu faire quelque chose de plus grandiloquent. De mettre la barre un peu au-dessus et Black Nova c’est dans sa tête. Une Nova c’est une étoile et il a essayé de montrer autre chose, le fait d’exploser… Tu vois ce que je veux dire.

MF : Une sorte de nouveau départ?

Ritch : Ouais. Et tu vois il y a quand même un peu le thème de l’eau sur la pochette avec ce visage qui a la tête dans l’eau… Enfin moi j’adore cette pochette. Et je pense que c’est pour marquer ce changement artistique.

MF : Si je me plante pas c’est la première fois que tout l’album est produit par Dagoba?

Ritch : Il me semble que oui…

MF : A part le mix qui est de Jacob Hansen…

Ritch : Ouais ça a été fait là-haut.

MF : C’était une volonté du groupe de se retrouver maître du projet.

Ritch : Complètement. J’étais pas là au moment de la décision, mais c’était vraiment ce qu’ils voulaient. Il y a eu des changements de labels, de directions, de plein plein de trucs et c’était vraiment voulu. D’ailleurs je trouve que c’est pas plus mal.

MF : Ouais, les retours sur l’albums sont plutôt très bon. Ca doit forcément faire plaisir au groupe de toujours continuer à maintenir le cap après toutes ces années?

Ritch : Ouais c’est génial parce que celui d’avant avait pas forcément hyper bien marché. Là avec Black Nova, c’était peu un coup de poker. Tu fais un truc différent, est-ce que ça va accrocher? Et ça marche. La prod, elle est folle. Jacob a bossé comme un fou. On est très content de l’album. C’est vrai qu’il est bien reçu. C’est encore mieux quand les gens apprécient.

MF : C’est sûr.

Ritch : T’es fier de présenter un projet et en plus les gens ont compris ce que tu voulais donc c’est nickel.

MF : Ouais, ouais. Il y a eu 2 clips qui ont été sortis avec Brice de Smash Hit Combo. Il y a d’autres projets avec lui qui peuvent arriver?

Ritch : Ecoute, ça on verra. Il y a rien de fait pour l’instant. Là, on joue beaucoup en ce moment donc tout ce qui est clip… Inner Sun et Stone Ocean ont été fait en clip avec Brice, moi j’étais pas là mais apparemment ça s’est très bien passé.

MF : Le résultat est vraiment top.

Ritch : Ouais. Avec mes autres projets, j’ai déjà bossé avec lui, donc je sais comment il bosse. C’est un tueur et c’est hyper pro. On verra par la suite, pour le prochain ou pour un autre morceau. On n’a rien décidé de ça.

MF : D’accord. T’en parlais justement, vous sortez d’une belle tournée avec Vader, là vous repartez sur pas mal de dates. Je suppose que tout se passe bien?

Ritch : Ouais. La tournée avec Vader et Kreator c’était vraiment une bonne expérience. C’était 3 semaines en tour bus avec des groupes légendaires. Enfin Kreator c’est un truc fou quand même. C’était une expérience de malade, parce que tu te retrouves en ouverture, t’as 30 minutes, tu joues à 20h, il faut que tout soit millimétrés… Le temps de set, le backline. Il faut être ultra pro. Ca te forme…

MF : C’est une bonne mise en pratique pour toi.

Ritch : C’est vrai. Et Dagoba est souvent en tête d’affiche en France. Là t’es en ouverture, t’es tout petit et c’est rigolo. C’est comme passé du collège au lycée. Tu te dis : « Merde c’est plus moi le plus balèze ». Et c’est vraiment drôle. Mais c’est une expérience de malade. C’était génial.

MF : Je sais que pour la plupart des groupes, c’est d’aller le plus loin possible. Là le groupe a découvert des endroits où il n’était jamais allé. Il y a la Grèce je crois…

Ritch : La Grèce c’était la première fois… Macédoine aussi… Ouais il y avait quelques pays comme ça…

MF : Ils ont découvert aussi le Japon et le Maroc. Ca s’est passé comment toutes ces découvertes?

Ritch : C’est marrant que tu parles du Maroc parce qu’on en parlait il y a 2, 3 jours. Ils pensaient : « Merde. On va au Maroc pour faire du Métal. Ca va pas marcher! » et au final les gens en ont rien à foutre… En fait c’était fou. Reçu comme des princes, un public fou. Et tu t’aperçois que le Métal, ça peut marcher partout. C’est pas une question de région ou quoi… Là le Japon, il y a un projet pour y retourner, mais pareil accueil fou quand ils y sont allés. Là quand on est allé en Grèce, tu te dis : « Putain, on est en Grèce… ». On entend plein de truc à la télé, c’est un pays qui est dans la merde et en fait c’était génial. Les salles étaient géantes, les gens te connaissent pas et après 3 mesures c’était le bordel dans la fosse. Ils gueulent. C’était vraiment génial. Les découvertes de pays marchent bien en tout cas. Je pense que Dagoba peut réussir à faire quelques choses.

MF : Tu en as parlé un petit peu. Du coup il y a des projets qui arrivent pour sortir un peu de l’Europe?

Ritch : Alors comme je te l’ai dit il y a le Japon. Après le but de Dagoba c’est de tourner un max, c’est de jouer partout, tout le temps, d’aller toujours plus haut, toujours plus loin. Donc là à part ça, il y a 2, 3 trucs dans les tuyaux, mais rien de concret pour l’instant. On va voir…

MF : C’est en négociations…

Ritch : Exactement!

MF : Le groupe continue a être l’un des fers de lances de la scène Métal en France. Ca met pas une pression supplémentaire d’avoir cette image de gros groupes?

Ritch : Ben, c’est super drôle parce que moi j’ai 28 ans, Shawter en a 38. Il y a un décalage générationnel et c’est vrai que je me suis dit : « Putain je vais être dans Dagoba… ». C’est un groupe que j’écoutais quand j’étais ado. Eux ça fait 20 ans qu’ils tournent. J’ai jamais tourné comme ça autant et t’as la pression sans l’avoir parce que ça coule de source. Tu le sens chez les gens. Là hier à Savigny quand t’es au merch, t’as des gens de 45 ans, t’as des jeunes. Et les gens sont avenants et contents. Ca reste humain, et même si t’es un des fers de lances de la scène Française, tu reste un mec normal. Donc non on peut pas dire qu’il y a de la pression. Ca roule, on continue à faire ce qu’on fait et si ça marche tant mieux.

MF : Ouais. On sait que pour beaucoup de groupe de Métal, surtout en France c’est compliqué de vivre que de sa musique. Est-ce que Dagoba arrive à le faire maintenant?

Ritch : Ouais, ouais. Dagoba vit de sa musique. C’est vrai que c’est rare dans le Metal, mais Dagoba peut vivre de sa musique.

MF : Ok.

Ritch : C’est compliqué hein…

MF : Je me doute, quand je pense à Walls Of Jericho que j’ai interviewé ici et qui m’ont dit qu’ils avaient un boulot à côté…

Ritch : Sérieusement?

MF : Ouais ouais…

Ritch : Wow!

MF : Ouais, j’ai halluciné qu’un groupe comme ça, qui tourne énormément…

Ritch : Après c’est des ricains. Et les ricains c’est compliqué vu qu’ils ont pas le statut d’intermittent et toutes ces choses-là. Je sais qu’on a joué avec pas mal de groupe ricains avant et ils nous disaient que c’était la misère chez eux… Ils jouent pour 3 bouts de pain. Mais tu vois Walls Of Jericho, je pensais pas quand même.

MF : Ca m’avait vachement surpris aussi.

Ritch : Même Candace?

MF : Il me semble qu’ils sont tous dans ce cas là.

Ritch : Parce que l’autre gratteux joue aussi dans Stick To Your Guns et ils tournent beaucoup.

MF : Ben là, il était pas avec eux donc je sais pas…

Ricth : Parce que Stick To Your Guns ça tourne 6 mois dans l’année, c’est un truc de fou…

MF : C’est clair. Bon ben j’en ai fini avec cette interview. Si tu as un petit mot pour finir.

Ritch : Ben merci. C’est rigolo de se recroiser ici, parce que comme je suis du coin…

MF : Tu joues à la maison là…

Ritch : C’est ça, je joue à domicile, donc je suis super content et on va forcément se recroiser! Merci à toi.

MF : Merci.