Archive for août, 2018

Alors que le groupe était pleine tournée promo, j’ai eu l’occasion de discuter un peu, beaucoup, avec Jona de Coilguns à propos entre autre de leur nouvel album Millenials.

MF : Salut Jona. Ça fait presque 2 ans que Coilguns était endormi. Ça doit faire du bien de enfin défendre ce nouveau disque.

Jona : Ouais c’est clair. On a fait 2 concerts en 2016, mais en 2017 on n’a rien fait jusqu’à la fin de l’année où on a fait 5 concerts pour annoncer la sortie du disque. Et ouais ça fait forcément du bien. Parce qu’on a tous eu un peu développé nos carrières à côté avec d’autres projets et du coup on est revenu avec une énergie qu’on n’avait pas avant. Avec vraiment l’envie de mettre nos vies à la poubelle pour ce groupe quoi. Avec donc toute la compréhension et l’expertise pour savoir comment ça fonctionne de sortir des disques avec un groupe. Et c’est vrai que l’arrivée de Donatien, le quatrième membre, il y a vraiment une énergie et une cohésion de groupe qu’on n’avait pas avant. Genre là on est tous d’accord de plonger les pieds en avant dans le vide de la vie de clochard (rires). Mais c’est assez beau quoi, c’est une belle énergie. C’est hyper bien quoi.

MF : J’imagine. Tu viens d’en parler, Donatien a rejoint le groupe. C’est quoi qui a motivé son intégration ?

Jona : Quand on écrit Millenials, on a ajouté pas mal de synthé en fait. Pas de son de science-fiction mais plutôt des grosses basses. Et finalement avec le son qu’on avait sans bassiste, et seulement le son guitare / basse, il nous manquait de gras. On voulait aussi avoir plus de backing, quelques éléments percussifs aussi. Et Donatien, c’est quelqu’un qu’on connaissait parce que je jouais dans un autre groupe avec lui, il est multi instrumentiste aussi et qui est aussi un sacré numéro en termes de disponibilité on va dire. Lui aussi était disposé à mettre sa vie de côté pour faire partie du groupe quoi. Donc ça s’est fait assez naturellement finalement.

MF : D’accord. Après pas mal d’écoute de Millenials. J’ai un peu l’impression qu’on se retrouve dans une sorte d’hôpital psychiatrique où tu rencontres des mecs qui sont complètement paumés dans le truc. Est-ce que le fait d’être enfermé comme ça dans cette cabane en Allemagne pour composer a donné ce côté fou ?

Jona : Euh ouais. C’est marrant comme image. C’est quelque chose qui est assez ressorti. C’est soit un album assez patchwork qui n’a pas vraiment de sens, avec des morceaux qui n’ont pas vraiment de fin, ce qui est le cas d’ailleurs. Et puis il y en a d’autres qui après plusieurs écoutes trouvent qu’il y a un fil rouge au milieu de tout ça. Pour nous c’est difficile à dire. On voulait faire un truc assez tribal et qui foutait vraiment les jetons. Qui faisait vraiment peur…

MF : On est en plein dedans.

Jona : Voilà. Nous c’est comme ça qu’on s’est lancé là-dedans. Mais on ne s’est pas dit : « Il faut que ce soit un truc frénétique dans un hôpital psychiatrique où on se tape la tête contre les murs ». On voulait que ce soit massif, tribal et puis que ça foute les jetons. Une des influences principales pour ce disque, en tout cas pour moi, c’est quand j’ai découvert Terra Tenebrosa, le premier album, tu vois vraiment très sombre mais pas violent au sens Metal du terme. Quelque chose de noir, d’oppressant, presque indigeste quoi. C’était assez la volonté de faire ça quoi. Après c’est marrant de savoir comment chacun le reçoit.

MF : Ouais. Du coup c’est vrai que les retours sont globalement bons, il y a quelques belles perles aussi. Vous êtes quand même content des retours qui arrivent sur l’album ?

Jona : Carrément ouais. Rien que le fait que des gens prennent le temps de l’écouter et d’écrire dessus, c’est vraiment super. Ceux qui comprennent le propos, enfin qui le reçoivent comme on essaie de l’envoyer, c’est magnifique. Mais tu peux pas demander à tout le monde que ce soit le cas. Après, si c’est vraiment gratuit. On a eu le cas d’un journaleux, qui passe la moitié de la chronique a parlé de nos coupes de cheveux et qui nous fait passer pour un groupe de Indie Rock, c’est pas très intéressant quoi.

MF : C’est sûr.

Jona : Après le mec qui est là : « C’te zik, ça me parle pas tellement, mais en plus c’est vraiment indigeste, mais je peux pas dire que c’est de la merde parce que ça sonne bien et ils ont l’air de bien jouer. Mais en fait moi ça me déprime d’écouter ce disque ». Ben c’est super parce que c’est ça qu’on voulait faire.

MF : Et surtout c’est argumenté.

Jona : Exactement. Donc du coup globalement, assez content des retours. Déjà parce qu’il y en a pas mal. Ça fait déjà plaisir (rires). Il y en a beaucoup d’excellent et beaucoup de mauvais ou en tout cas…

MF : Qui n’ont pas accrochés au truc…

Jona : Ouais, pas qui ne saisisse pas le propos, mais qui ne sont pas pour en tout cas.

MF : Habituellement, c’est toi et Luc qui composé tout pour Coilguns. Est-ce que le fait d’être enfermé à 3 a permis de donner un peu de place à Louis pour apporter ces idées ?

Jona : Ouais beaucoup. Parce qu’en fait depuis qu’on a fait une pause avec Coilguns, on n’a pas fait d’album depuis 2013 tu vois. Ben Louis, il a extrêmement développé son activité de producteur entre guillemets. Il a produit beaucoup de disques, développé une certaine patte, en enregistrant tout en analogique, de tout produire sur des enregistreurs cassettes 2 pistes. Il a vraiment développé son truc et aussi son projet solo, qui est vraiment un projet à chanson quoi. Et ça c’est un truc qu’on a profité. Peut-être que ça s’entend pas forcément (rires), mais c’est en fait vraiment des chansons qu’on a écrit. Après c’est vrai que souvent, il n’y a pas de fin (rires), mais il y a clairement des couplets et des refrains pour nous. Après ça peut être occulte la façon de le percevoir, mais pour nous, on a vraiment écrit des chansons et sans l’apport de Louis ça aurait été jamais fait. Avant j’écrivais des riffs, Luc posait sa batterie dessus. On faisait des pré-prods et Louis mettait sa voix. Même au niveau des paroles ça a eu des conséquences, parce qu’on ne rejoue pas de vieux morceaux, parce que Louis ne s’identifie plus tellement avec les paroles de ce moment-là.

MF : Ok

Jona : En tout cas tout ce qui est avant Commuters, il n’est plus dans cet esprit-là… Comment dire. Là c’est vraiment un tout. Quand on jammait avec Luc, Louis était là. Il faisait vraiment un boulot de producteur. Il disait : « Tiens ce plan, là, il faudrait encore le tourner… », « Peut-être que c’est bien de rester dans cette atmosphère-là, plutôt que de mettre un riff frénétique… ». Mais c’était la première fois qu’on écrivait à trois et ça a donné ce disque, qui est quand même un peu différent de ce qui faisait avant.

MF : Ben il est différent, mais on retrouve quand même cette petite identité que vous aviez déjà. Alors peut-être pas avec l’EP avec Abraham qui était un peu plus rock…

Jona : Qui était le presque faux pas de notre discographie (rires).

MF : Ah non, pas un faux pas. Il est vraiment bien ce split. Mais il est assez différent de Commuters et Millenials. Mais on retrouve quand même cette patte, enfin le mec qui connaît le groupe arrivera à reconnaître ce que vous faites.

Jona : Ça c’est vraiment chic en tout cas. Nous on le vois différent. C’est vrai que Commuters, c’était un peu l’option de jouer plus vite et de ressembler plus à Converge ou à Dillinger. Là on a décidé de ne pas faire ça. Parce que c’est pas ça qu’on avait envie de faire et aussi parce qu’on voulait pas aller plus loin que nos capacités tu vois. On pouvait pas écrire un disque qui allait encore plus vite. C’est quelque chose que physiquement on ne saurait pas faire tu vois (rires). Ça paraît peut-être ridicule pour les mecs qui écoutent du Death ultra technique, mais même quand on réécoute Commuters pour rire, ben on ne comprend même pas pourquoi on a joué ces trucs tu vois (rires). Donc il y a un truc plus groovy dans ce nouveau disque.

MF : Ouais. Et donc comme tu l’as dit, vous avez tout enregistré sur des bandes analogiques. C’est le fait que Louis bosse dessus tout le temps qui vous a fait choisir cette solution ou c’était pour coller avec la musique qui était là ?

Jona : Non, c’était un truc très naturel. On s’est dit qu’on voulait faire ce disque ensemble. Ça faisait un moment qu’on voulait faire ce disque et on n’avait pas le temps, parce qu’on a tous plein de projets et que du coup on fait ça à temps plein dans nos vies la musique. Du coup on est obligé de se fixer des périodes de travails tu vois. On ne peut pas se retrouver une fois par semaine au local pour répéter et écrire des morceaux, ça ne marche pas. Du coup on s’est dit, on arrête ce mois et on fait ce disque tout seul. Louis sait enregistrer des disques, il y avait aussi une histoire de budget dans l’affaire. Il avait envie de faire ce disque et il bosse avec des bandes. Moi, j’ai récupéré un vieux 16 pistes à bandes. Pas vraiment un super deluxe. Un 16 pistes Tascam, vraiment cheapos et on s’est dit qu’on allait le faire comme ça. Et c’était très bien parce que pendant trois semaines on a écrit, bougé des micros, testé différentes techniques de prises de sons. Et puis pendant une semaine on l’a enregistré et mixé. Pis ces trois semaines-là étaient hyper bien parce que tu rentres pas dans les pré-amps d’un 16 pistes à bandes comme tu rentres dans les pré-amps d’une console numérique. Et c’est ça qui a donné ce grain si particulier au disque. Tu peux penser qu’il sonne bien ou qu’il sonne pas bien ou que c’est de la merde ou pas. Ce qui est sûr, c’est que soniquement parlant, il a une identité, il a quelque chose à raconter tu vois…

MF : Ouais. Je trouve que ça aide beaucoup à l’écoute de l’album…

Jona : Ah ouais ?

MF : Ouais.

Jona : Trop bien.

MF : Je trouve que ça colle très bien avec l’ambiance des morceaux. Ce côté un peu roots, à l’ancienne de l’enregistrement, je trouve que ça colle vraiment bien.

Jona : Ça c’est hyper bien à entendre parce qu’on l’a vraiment mixé pendant qu’on l’écrivait en fait. On essayait différents micros, différentes guitares, donc je suis assez rassuré d’entendre ça. Je te cache pas que quand on a signé avec ce management, Aisa, on leur a dit qu’on aimerait signer sur tel ou tel label, les trucs plutôt ricains évidemment. Ben eux nous ont dit : « Là c’est vraiment sans compromis la direction que vous avez prise, c’est cool, c’était peut-être bien il y a quinze ans, mais si vous voulez attaquer sur des gros trucs, il faudrait sonner un peu plus rond ou un peu plus flatteur » tu vois. Et pis du coup on a quand même fait faire des masterings, qui arrondissaient un peu les angles, qui sonnaient un peu plus ricains, un peu plus fat tu vois. Et finalement on était bien content que personnes ne veuillent signer ce disque parce que du coup, si c’est nous qui le sortons, on a le droit de prendre les risques qu’on veut. Donc ça fait toujours plaisir d’entendre que ce son-là, en tout cas pour toi, il colle à ces morceaux tu vois.

MF : Totalement. Si je me plante pas, il n’y a que le master du vinyle qui est fait par Magnus Lindberg. Pourquoi ne pas avoir gardé le même master pour tout ?

Jona : Et ben, le vinyle c’est quand même un peu une science occulte. Si tu veux il y a des fréquences qui ramassent beaucoup plus que d’autres et des effets qui peuvent être complètement smashé sur le vinyle ou qui peuvent ne pas être reproduits comme telle. C’est pour ça que tu dois toujours faire un mastering vinyle et un mastering cd ou digitale. Et là, on était content du master à Louis, mais comme on ne pouvait pas le modifier, parce qu’on a tout fait sur place avec une console analogique qu’on a loué, on n’était vraiment pas sûr qu’il passe sur vinyle. Et il y a personne pour te le dire, donc on aurait été obligé de faire un test press et ça nous aurait couter 500€ de plus, juste pour faire le test…

MF : Et au final se rendre compte que ça va pas…

Jona : Et aussi prendre du retard dans la prod donc on s’est dit : « bon… ». Ce qui est un peu dommage, parce qu’on vend des vinyles et on a choisi ce mastering à Louis. Mais finalement le mix est tellement agressif que même avec le mastering un peu plus rond à Magnus, si tu veux sur vinyle il est quand même ultra agressif, donc moi ça me va très bien comme ça. Mais c’est vrai que sur Commuters, je sais pas si tu as déjà fait attention, mais la version digitale dure 50 minutes et la version vinyle, on l’a réduite à 42 minutes ou quelques choses comme ça. On a coupé des interludes et en gros on 22 minutes par face et le mix est… Enfin il est super, mais c’est à s’arracher la tête. Il y a des murs de guitares dans le visage. Tous les mediums, et la batterie qui disparaît… Pis là on s’est dit que pour ce disque, on prend moins de risque et on fait un truc un peu plus rond et doux.

MF : Ok. Sur vos 2 précédentes sorties, vous aviez des invités. Est-ce que c’est parce que vous vouliez vous retrouvez vraiment tout seul sur cet album ?

Jona : Je crois ouais. C’est marrant parce qu’on n’y a pas pensé avant. Là où on était, perdu en Allemagne, on pouvait pas vraiment invité des copains tu vois.

MF : Après la façon dont vous avez enregistré ne permettais pas de le faire après.

Jona : Ouais, mais on ne s’est même pas posé la question. On a dit qu’on voulait faire ce disque les 3, parce que Donatien n’était pas là à ce moment-là. Puis on a loué cette baraque et on a tout fait comme ça. On s’est pas dit : « Tiens on pourrait inviter ci, on pourrait inviter ça… », mais il y a pas eu de réflexion particulière, ça s’est fait naturellement.

MF : On en a parlé un tout petit peu tout à l’heure. Tout l’album est autoproduit. Est-ce que tu penses que le fait de faire de la musique que personne ne fait vraiment à côté, a été un frein pour signer sur un label ?

Jona : Oui ! Absolument, mais peut-être pas dans le bon sens du terme parce que j’ai envie de croire que quand t’es vraiment unique et… je recommence (rires). En fait c’est un peu du quitte ou double quand tu fais ça. Soit tu continues dans le chemin que t’as choisi et si tu peux exploser, si on peut parler d’exploser dans cette scène, ben tu prends le devant de la scène. Mais si vraiment c’est trop bizarre et que tout le monde s’en fou, ben tout le monde s’en foutra. C’est un peu le principe de l’investissement, ton gain ou ta perte est à la hauteur de ton investissement. Et après ce qui nous a empêché de signer dans d’autres labels, surtout dans les labels chez qui on voulait signer, c’est qu’on ne respecte pas beaucoup de code. Je ne dis pas que ce qu’on fait est hyper original, tu vois. Je dis juste qu’on n’est pas super Doom, on n’est pas super Black Metal, on n’a pas non plus un visuel qui est très codé. On n’a pas un visuel très Hardcore ou Black Metal. On n’a pas des coupes de cheveux qui sont très Hardcore ou Black Metal (rires). On ne respecte pas beaucoup de code et on ne fait pas ça pour être original, on est juste ce qu’on est quoi. Ça c’est une chose. Et peut-être aussi, ça je l’admets volontiers, Millenials, c’est pas encore… C’est sans doute le meilleur disque qu’on ait fait jusque-là, au niveau cohésion de groupe et énergie. Mais je pense pas qu’on soit au top de la composition tu vois. Pis peut-être que ces mecs-là, ils auraient peut-être passé sur le fait qu’on n’a pas de code et qu’on est dur à caler dans une scène, s’ils avaient eu ce petit truc en plus dans les compos. Pis j’ai l’impression qu’on peut définitivement faire mieux, donc je ne trouve pas que ce soit illégitime qu’on soit signé ailleurs.

MF : Après tant que le reste marche et que ça suit derrière.

Jona : C’est ça. Après on retourne dans un processus hyper naturel du coup. Personne ne voulait sortir ce disque, pis en fait on a tout fait nous-même. On a fait l’artwork, tout ça. Ça a permis de rebooster un peu le label aussi et d’avoir un nouveau fonctionnement pour avoir une structure capable d’accueillir un groupe comme Coilguns, qui est finalement plus gros que le label. Et là le prochain disque, attention scoop.

MF : Ouh !

Jona : Ouh la la (rires). On a déjà booké un studio pendant pour Janvier, parce qu’on n’a pas envie d’attendre 5 ans cette fois entre les deux. Donc l’idée est de sortir un disque pour fin 2019. Mais cette fois on ne va pas se dire, on a un mois et il faut qu’on sorte un disque. On a réservé le studio, on va passer un mois à l’écrire. Si on a le temps de l’enregistrer parce qu’on est content des compos, on le fera. Si ça va pas, on reprendra 10 jours de studio 2 mois plus tard pour terminer ça.

MF : D’accord.

Jona : Et j’ai l’espoir aussi avec l’entourage professionnels qu’on a autour du groupe… Si tu veux, on a enfin un entourage professionnel en qui on a confiance. C’est un vrai entourage qui sont déjà qui ont du réseau et qui font des choses, qui accompagnent des groupes, surtout beaucoup plus gros. Donc ça va être bien d‘avoir ce regard externe sur le groupe. On ne parle pas de quelqu’un qui va te dire que ton refrain n’est pas bien ou qu’il faut que tu changes ta ligne de guitare, mais des gens qui auront un avis sur lequel on peut compter et qui nous dira : « Là, ça sent le rush votre affaire ». Pis c’était ça la conclusion, ils ont bossé avec nous sur Millenials et ils disent : « Ouais c’est super, mais ça sent quand même l’arrache quoi ». Ben ouais, on a fait un putain de disque en un mois tu vois.

MF : Ben ouais.

Jona : On a commencé à écrire, jour 1 et on a fini, mixé, masterisé, jour 31. Donc voilà.

MF : C’est sûr que ça fait un peu speed pour tout caler.

Jona : Donc on s’en sort bien au final.

MF : Mais après c’est un beau challenge de se dire, on fait ça en un mois quoi.

Jona : C’était un beau challenge et là où c’est le plus marquant, c’est que ça a été une belle expérience humaine. Parce qu’on n’était que les 3, c’était paumé au milieu de rien. Je veux dire on a pris 2 douches sur le mois, je veux dire littéralement (rires). On se levait le matin, on se faisait à manger ensemble, pis on parlait du disque, on parlait de nos envies dans la vie. Il y a pas mal de trucs sur ce disque qui sont liés aux discussions qu’on a eu là-bas. Que ce soir sur le DIY, sur le punk, sur comment faire des disques, sur toutes ces choses tu vois. Et ça c’est l’exemple un peu cliché, pour imager mon propos, ben le dernier morceau, The Screening, ben si tu lis ces paroles, tu vas trouver des restes de frigo et d’oeuf au plat et de saucisse dans les paroles (rires). Parce qu’on mangeait que ça et que le frigo était rempli de nourriture (rires). Après c’est quand même plus profond que ça mais en gros, c’était magique. Et surtout on a vu qu’on pouvait faire un disque nous-même, que ce soit chic et puis pour Louis, qui a plus l’habitude de faire des trucs Lo-Fi. Tu vois, j’avais pas vraiment envie que mon album sonne comme un aspirateur (rires) alors que ça peut très bien se faire pour d’autres trucs qu’il fait. Ben en fait, ça sonne presque grosse prod.

MF : Carrément.

Jona : On peut dire qu’on a tout fait avec du hardware dégueulasse, qui coûtait rien du tout. Et quand on faisait les exports sur les bandes et qu’il fallait enlever les décomptes de charley au début des morceaux, ben on devait muter toutes les pistes manuellement à 3 et tout rouvrir en même temps. Ça n’avait aucun sens (rires). On a ouvert un ordi, et c’est pas une légende, pour exporter tout le mix pour faire un mastering après. On a tout fait sans ordinateurs avant.

MF : C’est cool.

Jona : C’était chic (rires).

MF : Vous sortez d’une belle tournée un peu partout. Il y en a une autre qui va arriver en Irlande. J’imagine que niveau concert, tout se passe bien aussi ?

Jona : Oui. Les concerts sont super. On a joué devant du monde tout le temps et c’était agréable quand ça fait 4 ans que t’as pas tourné avec un projet. On a vendu beaucoup de disque et tu voyais qu’il y avait des gens qui venaient parce qu’on avait sorti Commuters en 2013 et qu’ils nous ont connus à ce moment-là. C’était vraiment bonne vibe. On ne jouait pas devant des centaines de personnes mais le feeling est bon. Même les lundis il y avait du monde. On a fait des headlines sur quelques festivals punk, à 3, 400 personnes. On fait ça step by step quoi. Gentiment (rires). Et c’est assez agréable d’avoir de la visibilité là-dessus.

MF : Ouais c’est cool. Je sais que vous ne vous arrêtez jamais, donc je suppose que le but va être de jouer un peu plus loin que l’Europe ?

Jona : Ça fait depuis la création de ce groupe qu’on aimerait aller aux Etats-Unis. Mais il y a aussi une réalité, pas financière, mais plutôt du marché. Où on pourrait très bien aller tourner en Chine, en Russie, dans des endroits où on est déjà allé avec d’autres projets, mais c’est moins pertinent. Du coup les US c’est vraiment un endroit où il faut qu’on aille, d’autant que je suis persuadé que c’est un groupe qui fonctionnerait bien là-bas…

MF : Je pense ouais.

Jona : Mais c’est tellement compliqué d’y aller. Pour des histoires de visa de travail qui coûte très cher. Du coup t’es quasi sûr d’y aller à perte. Donc la question est-ce qu’on investit ça et on fait une tournée à l’arrache comme des punks, ou est-ce qu’on attend un petit peu et on monte le profil du groupe de façon un peu plus solide. En tout cas c’est ce que les gens avec qui on bosse et nous même avons envie de faire. On veut pas arriver là-bas par la grande porte tu vois, mais on veut pas arriver comme des clodos quoi. Donc le disque est distribué aux Etats-Unis, avec le label. Donc on a de la promo qui se fait là-bas et c’est super. Maintenant on ne va pas y aller sur un coup de tête et c’est fort possible qu’on attende de sortir le prochain avant d’y aller. En espérant qu’on ait les partenaires idéales pour y aller. Le but c’est vraiment de tout cramer…

MF : De faire les choses bien aussi.

Jona : C’est ça. Le but c’est de foutre nos vies à la poubelle pour ce groupe. Quand on a recommencé, j’ai demandé au zinzin : « là si on part, si on fait le plan qu’on a défini avec Aisa, c’est un plan sur 3, 4 ans ». Et tout le monde a dit oui. Mettre nos vies à la poubelle, c’est super. Ça impliquait aussi d’emprunter beaucoup d’argent. J’ai la chance d’avoir des parents à qui j’ai pu emprunter de l’argent pour presser ce disque, parce que c’est nous qui l’avons pressé, même si on a le label. Represser tout le back-catalogue pour avoir un beau merch, refaire de la promo, enfin toutes ces conneries tu vois (rires). Et maintenant il faut que la machine tourne et surtout on a une chier de plaisir à faire ça et on va se donner corps et âmes et faire pour que ça marche quoi.

MF : Du coup moi j’ai fini. Si tu as un petit mot pour finir.

Jona : Ben le mot du moment c’est chien. Qu’on a transformé en kiens, à l’Italienne. C’est pas exactement ça (rires), mais c’est notre nouveau mot (rires).

MF : C’est sympa comme mot de la fin (rires).

Jona : Je suis désolé, mais pour nous c’est chien tout le temps (rires).

MF : Et ben merci.

Jona : Merci à toi.

En pleine tournée pour les 10 ans de Precambrian, j’ai eu l’opportunité de discuter avec Robin à propos de ce qui se passe chez The Ocean.

MF : Salut Robin. Pelagial est sorti il y a 5 ans maintenant et il y a eu pas mal de changement dans le groupe. Comment se sent le groupe actuellement ?

Robin : Vraiment bien !

MF : Ah ouais ?

Robin : Mieux que jamais. On est vraiment très heureux de revenir sur scène. On a pris un peu de temps après… En fait ces 2 dernières années, nous n’avons quasiment pas tourné. La dernière grosse tournée remonte à 2016. On a tourné en Amérique du Sud puis en Australie, mais même cette année-là, on n’a pas fait grand-chose. En 2017 on n’a pour ainsi dire pas jouer avec seulement 3 concerts. Tout le monde a pris du temps pour faire d’autres choses et c’était vraiment nécessaire. Parfois tu te dois de prendre du recul et te demander si tu veux continuer à faire ça, et surtout pourquoi. Et je pense que tout le monde à trouver sa réponse et on est super heureux maintenant de travailler sur le nouvel album. Cette tournée pour Precambrian nous coupe un peu dans l’élan, parce qu’elle n’est pas vraiment bien placée tu vois. On est en plein milieu de l’enregistrement et on s’est mis une deadline assez serrée, et au milieu de ça, il faut répéter un album qui a 10 ans et qui n’est pas évident à retranscrire en live. C’était un peu fou dans un sens, mais on a réussi à le faire fonctionner et ça fait du bien de jouer quelques concerts, de sortir du studio et d’être dans un environnement de tournée de nouveau. Donc oui, tout le monde est dans un bon état d’esprit.

MF : Parfait. Vous êtes donc au milieu de la tournée anniversaire pour Precambrian. Comment t’es venu l’idée de faire cette tournée ?

Robin : Et bien, je ne suis pas forcément pour ces tournées anniversaires. A un moment donné, tu peux faire des tournées anniversaires tous les ans, tu vois. On pourrait faire une tournée pour les 5 ans de Pelagial ou faire une tournée pour les 10 ans des Centrics dans 2 ans. Je pense que c’est un peu facile à faire, mais Precambrian est vraiment l’album qui a le plus gros ressenti parmi nous. Je pense que c’est l’album qui a été le plus important dans la définition du notre son, même si c’était avant que Loïc ne rejoigne le groupe. Je pense que la deuxième partie, Proterozoic, que nous jouons a tracé le chemin qu’allait suivre The Ocean pour les années suivantes. Et je pense que beaucoup de fans le perçoivent de la même façon. On voulait donc vraiment le faire, parce qu’on ne l’a jamais joué live à l’époque. C’était aussi un vrai challenge. Il y a une raison pour laquelle on ne l’avait jamais fait, c’est parce qu’il y a des morceaux qui sont très dur à faire fonctionner en live. Mais j’avais le sentiment qu’il fallait essayer ça avec le line-up actuel du groupe. Et le fait que le nouvel album sur lequel on travaille actuellement est dans la continuité conceptuel d’où s’était arrêté Precambrian, c’est en fait l’ère géologique suivant le precambrien, on voulait donc faire la connexion entre le passé et le futur en gros.

MF : Ok, c’était ma prochaine question (rires).

Robin : Oh, désolé.

MF : C’est pas grave. On a pu entendre la nouvelle version de Rhyacian avec la voix de Loïc. Cela donne une approche différente au morceau, plus mélodique. Est-ce que c’est une sorte d’avant-goût de ce que va être le nouvel album ?

Robin : Je crois que cette version de Rhyacian donne une bonne idée de ce qu’est le son de The Ocean en 2018. C’est un vieux morceau, mais d’un autre côté, avec cet enregistrement et ce line-up, il revient dans de nouvelles conditions et de nouvelles circonstances. Bon, on a toujours eu des voix mélodiques depuis l’arrivée de Loïc et ça ne va pas changer. Il y aura beaucoup de voix mélodique sur le nouvel album. Le nouvel album sera également vraiment très lourd et ça va vraiment se connecter avec les morceaux récents de Pelagial avec les anciens

MF : Ok. Vous êtes donc en plein enregistrement pour Phanerozoic. Je suppose que ça va être un concept album ?

Robin : Tout à fait.

MF : Est-ce que tu as déjà des idées sur ce qu’il va parler ?

Robin : Comme je l’ai dit, c’est l’ère juste après le précambrien, donc on va continuer là où Precambrian s’est arrêté. En gros, c’est le lien manquant entre Precambrian et Heliocentric pour ainsi dire. Conceptuellement cela va être un gros album parlant du concept du temps, vu sous différents angles, et il va être séparé en 2 parties. La premières, qui sortira le 2 Novembre, s’appellera Phanerozoic I. Et la seconde partie devrait sortir à la fin de l’année 2019 et sera un peu plus expérimental musicalement. On va explorer des territoires que l’on n’a jamais vu par le passé, alors que le premier sera donc le lien entre Precrambrian et les morceaux plus récents comme le ré-enregistrement de Rhyacian ou le morceau The Quiet Observer. Enfin les dernières choses qu’on a sorti quoi.

MF : Ok. Est-ce que c’est toi qui écrit toujours l’intégralité des morceaux pour The Ocean ou est-ce que tu laisses plus de liberté aux autres membres ?

Robin : J’ai composé la première partie tout seul. Sur la seconde, il y a 2 titres qui ont été composé par Paul et dans lesquels je n’ai rien à voir. Mais ils correspondent parfaitement au concept de l’album qui est plus expérimental et qui va dans d’autres directions. Loïc à toujours écris ses lignes de chant. On vient juste de terminer les premières sessions voix pour Phanerozoic, il y a une semaine et ça a toujours été la même approche. Loïc arrive avec sa ligne de chant, ses idées ou mélodies et ensuite j’écris des paroles par-dessus et on met ça en commun. Il a donc toujours été impliqué dans le processus créatif. Et c’est pareil pour les autres. Paul contribue énormément à l’aspect batterie des morceaux. Je n’ai programmé que des idées basiques pour la batterie, comparé à avant, parce que je sais qu’il va embellir la chose à sa façon. Donc tout le monde a été impliqué.

MF : Est-ce que tu peux me parler du choix d’enregistrer au Sundlugin studio en Islande ?

Robin : Pour être franc, ça s’est fait un peu à la dernière minute. A la base, on avait prévu d’enregistrer l’album dans la maison de mes parents. Ils ont une vieille maison médiévale du XVIème siècle à la campagne et on voulait faire ça là. Ils ont des pièces qui sonnent et j’ai toujours voulu faire ça là, mais ma mère est tombée gravement malade et on a dû annuler ça pour raison familial. Mais j’ai discuté avec Xie du groupe chinois Wang Wen, qui était en tournée à Berlin. C’est un groupe que je produits avec Pelagic. Je savais qu’ils avaient enregistrer dans ce studio en Islande, j’avais vu leur documentaire. Je lui ai donc demandé comment était l’endroit et il m’a dit qu’ils avaient vécu une super expérience et qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient en fait. Ils ont amené leur propre ingé. J’ai donc pris contact avec le studio en Janvier et je voulais enregistrer en Février, donc c’était vraiment de la super dernière minute. Ils sont revenus vers moi avec un créneau de libre et on est donc parti en Islande pour enregistrer. Et ça correspond parfaitement avec le concept de l’album. C’est un album très froid et très rude, et ça a été bénéfique de partir dans un environnement que l’on ne connaissait pas, surtout quand c’est avec autant d’inspiration naturelle autour. C’est tellement libérateur quand tu créés de la musique et que tu travailles intensément du matin jusqu’au soir. C’était juste parfait. On ouvrait la porte du studio et il y avait une magnifique cascade juste derrière le studio, ça nous a vraiment aidé à atteindre notre zone de créativité et à réaliser quelques choses de bien. La pièce est incroyable. C’est une ancienne piscine transformée en studio. Il y a donc des très hauts plafonds et c’est parfait pour avoir un son de batterie massif, parce que tu peux mettre les micros très loin. Ils également un énorme balcon au-dessus de la batterie et c’était ce son typée grosse pièce que nous cherchions. Il y a donc plein de raison qui nous ont poussé vers ce choix, et à la fin c’était la meilleure solution qu’on aurait pu imaginer.

MF : J’imagine. Est-ce que vous allez enregistrer juste la batterie là-bas ou le reste de l’album également ?

Robin : Non, on a juste enregistré la batterie et quelques orgues. Le studio appartient à Sigur Ros et ils ont ces vieux orgues que l’on a tout de suite vu et aimé. On a donc commencé à les utiliser pour l’album. C’est venu comme ça. Pour le reste, les basses et les guitares ont été enregistrées à Berlin et c’est Magnus de Cult Of Luna qui va les ré-amper. Et le mix sera fait par Jens Borgren, qui avait djéà bossé sur Pelagial, à la fin du mois de Mai.

MF : Parfait. Donc avec la sortie du nouvel album, j’imagine qu’il va y avoir des tournées de prévues

Robin : Oui. Il va y avoir une tournée à la fin Octobre, début Novembre, pour la sortie de l’album. L’album sort le 2 Novembre donc ça sera autour de ces dates, mais ça sera assez court. Il devrait y avoir une dizaine de dates. Mais on fera une plus grosse tournée européenne, probablement en Février ou en Mars.

MF : Ok. Tu as répondu à toutes mes questions, même si je ne te les ai pas posées. Donc si tu as un petit mot à ajouter ?

Robin : Et bien c’est à peu près tout. Acheter le nouvel album. On est très content de tourner avec Rosetta. C’est un groupe que j’aime beaucoup et je pense qu’on n’a pas mal en commun. Donc je pense que ça va être une bonne soirée.

MF : Et bien, merci à toi.

Robin : Merci !

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ENGLISH VERSION

In the middle of their 10 years anniversary Precambrian tour, I had the opportunity to chat with Robin about what’s going on with The Ocean.

MF : Hi Robin. Pelagial came out 5 years ago and there was quite some change in the band. How is the band felling right now?

Robin : Really good!

MF : Yeah?

Robin : Better than ever. We’re all really keen to be back to doing this. We took quite some time off after… Well basically the last 2 years, we haven’t been touring much. The last big tour we did was in 2016. We toured South America, then Australia again but even that year, we didn’t do that much. In 2017 we barely played any shows, just 3 shows last year. Every one took some time off to do different things and that was necessary. Because sometimes you need to take a step back and ask yourself if you really want to do this. And if so why. And I think everyone find an answer to that and we’re super keen now and very much into working on the new album. This Precambrian tour is kind of cutting in, because it’s not really good timing you know. We’re in the middle of working on the new record, we have a tight deadline that we have set to ourselves and in the middle, you have to rehearse a record you release 10 years ago and it’s not an easy record to play live. So, it was a little bit silly in a way, but we made it work and it’s also good to play some shows now and get off the studio and be in a touring environment again. So yeah everyone is in good spirit.

MF : Good. You’re in the middle of that Precambrian anniversary tour. How did you come up with that idea?

Robin : Well, I’m not usually into that anniversary thing. At one point, you can do an anniversary tour almost every year, you know. We can do a 5 years anniversary tour for Pelagial, Like a 10 years Centrics tour in 2 years. I think it’s a little bit of a cheap thing to do, but Precambrian is really the one record that we all still feel very strongly about. I think it’s the album that was very important for the definition of our sound, even if it was before Loïc join the band. I think that the second part of the album, Proterozoic, which we are playing set the path for The Ocean of the coming years. And I think a lot of our fans perceived it that way as well. So, we wanted to do this, and we never play it live back in the days. It was a challenge as well. There’s a reason why we’ve never done it, because there’s some track that are really hard to make work live. And I felt this make sense to try this now with the current line-up of the band, which is a lot more stable and better that it was back in the days. Also, the new record we’re working on, Phanerozoic, is continuing conceptually where Precrambrian left of. So, it is basically the following geological eon after the precambrian, so we wanted to also established that connection between the past and the future basically.

MF : Ok. That was my next question (laugh).

Robin : Oh sorry.

MF : It’s ok. We could hear a reissue of Rhyacian with Loïc vocals. It gives the song a different approach, more melodic. Is it a snippet of what will come for the new album?

Robin : I think that version of Rhyacian is a very good idea of the contemporary sound of The Ocean for 2018. It is an older track, but at the same time, with this recording and this line-up, it comes with new conditions and new circumstances. Well we always have melodic vocals since Loïc joined the band, so this is not going to change. There are gonna be a lot of melodic vocals on the record. The new record is gonna be a really heavy record and it’s gonna connect to the very recent Ocean material like Pelagial to the old ones.

MF : Ok. You’re in the middle of the recording of Phanerozoic. I supposed it will be a concept album?

Robin : Yes.

MF : Do you have any ideas on what it will talk about?

Robin : Like I said, it’s the next eon after the precambrian era. So, it continues where Precambrian left off, so it’s basically the missing link between Precambrian and Heliocentrics so to speak. Conceptually it’s gonna be a big record about the concept of time, from different angle. And it’s gonna be split into two parts. The first one is gonna be released this year on November 2nd, and its title Phanerozoic I. And the second part will be released in late 2019 and this part will be a bit more experimental on the musical side of things. A little more in territories we never explored in the past, while the first one will be the link between Precambrian and the present which is that Rhyacian rerecording or The Quiet Observer. The last thing we put out basically.

MF : Ok. Are you always writing all the stuff for The Ocean or did you let some liberty to the other members?

Robin : This record, I wrote by myself. The first half. For the second one, there are two tracks that Paul wrote, that I have nothing to do with, but I think they fit perfectly with the concept of that record that is more experimental and going in different direction. Loïc has always written his own vocal lines. We just finish the first vocal session for Phanerozoic, like a week ago, and it’s always been an approach where Loïc comes up with the original melodies, lines or ideas then I write lyrics to it and we bring it together so he’s always been involved in the creative process. And every one on their instrument, Paul is contributing a lot on the drumming side of things. I only program the basic drums as compared to the past, as I know he will embellished the things his own way. So, everyone has been more involved with this record than in the past.

MF : Can you tell me more about the choice of Sundlaugin studio in Iceland?

Robin : This was quite a short notice decision to be honest. We originally planned to record it at my parents house. They have an old medieval house from the 16’s century in the countryside and the plan was to record there. It’s a very sounding room and I always wanted to do this, but my mother got really sick and we kind of had to cancel that for family reason. And I was speaking to Xie from the Chinese band Wang Wen, when they were touring Europe in Berlin. It’s another band we’re releasing on Pelagic. And I knew that they have in that studio in Iceland and watch the documentary. I asked about the place and he said that he had a very good experience. Very good room, very good microphone, good gear. And they could basically do whatever they want there. They bring their own engineer so I reached out to the studio in January and we wanted to record in February, so it was quite on super short notice. They got back to me as they had a free slot. So, we decided to go to Iceland to record there. It’s fits the album concept as well. It’s a very cold record, a very harsh record, and it’s always good to take yourself out of the environment that you know and go to a different place, especially when there is inspiring nature all around. It’s so liberating when you create music and you work intensely in the studio from the morning to the evening, and that was just perfect. We open the studio door and there’s this epic waterfall right behind the studio and it really helped us get to the creative zone and achieved something great. The room is incredible. It’s an old swimming pool they transformed into a studio so it has really high ceiling, so it’s perfect for big drum sound, because you can put the microphone far away. They have that balcony above the drum kit, so it’s a big room like we were looking for. So, there was many reasons that led us to this place. And at the end it’s the best choice we could have.

MF : Certainly. Will you just record the drum or are you recording the rest of the album?

Robin : No we just recorded drums there and some organs. The studio belongs to Sigur Ros, and they have these old organs that we’ve sawed and loved and started using for the record. That was a spontaneous thing. But yeah, bass and guitar was recorded in Berlin, and Magnus from Cult Of Luna is reamping them. And then we’re mixing with Jens Borgren, the same guy we mixed Pelagial in the end of May.

MF : Ok. So apart from the new album, I guess there will be touring plan for the future.

Robin : Yes. There will be a tour at the end of October, early November. For an album release tour. The album will come out November 2nd, so it will be around that time. But it will be rather short, around 10 dates. But we will do a most extended European tour, probably in February or March.

MF : Ok. You basically answered all my question even if I didn’t ask you, so if you have any last word to add?

Robin : Well, that’s pretty much it. Buy the new record, and we’re very happy to go out with the guys of Rosetta. A band I really like a lot. I think there are a common ground between us. So, it would be a good night.

MF : Alright. Thank you.

Robin : Thank you!