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Interview de Hypno5e

Posted: 18 mai 2016 in Interviews

Quelques instants après avoir fini leur balance, je retrouve le quatuor Hypno5e pour parler de leur dernier bijou.

MF : Bonjour à vous. Alors comme c’est notre première interview ensemble, présentez le groupe pour ceux qui ne vous connaîtrais encore pas?

Manu : Hypno5e s’est monté en 2004 et on est… attends je recommence (rires). Le groupe a commencé en 2004 à la base avec Thibault et Jérémy qui était les 2 membres d’origine. On a intégré Gredin par la suite. Depuis le line-up a changé, Théo a remplacé Thibault et Jo a remplacé Jérémy. On a sorti 3 albums et un maxi. Notre troisième album vient de sortir il y a deux semaines (ndlr: interview du 3 Mars). C’est une espèce de Métal Cinématographique. C’est des morceaux très long avec des passages très ambiants et des grosses parties très Métal. C’est assez hachurés, assez progressifs. Voilà comment on pourrait définir notre musique.

Gredin : Progressif c’est bien ouais.

MF : C’est ça. Le nouvel album a connu un peu de retard. Que c’est il passé?

Manu : Ouch… Le processus de composition a pas été si long que ça, on a commencé de composé dans la foulée de la fin de la tournée Acid Mist et Mars 2014. On voulait éviter d’avoir une aussi grosse coupure qu’entre nos deux précédents albums et on voulait vraiment enchaîner, parce que les choses ont bien tourner pour le groupe, et surfer sur ce qui se passait. L’album a été composé assez vite, il a été structuré en 3, 4 mois d’enregistrement et après comme on a fait une campagne de financement qui a eu, à notre surprise, pas mal de succès, on a voulu pour la première fois déléguer le mixage à un studio Anglais, parce qu’on a eu l’habitude de tout faire nous même et d’avoir la main mise sur le travail. Là on s’est dit qu’on pouvait tester un peu, ça irait aussi plus vite parce que c’est un long travail. On a pris quelqu’un qui apparemment aimait notre musique et qui pouvait nous aider à expérimenter sur certaines choses aux niveaux du son. On a fait un très mauvais choix. On s’est retrouvé dans un studio où on s’est un peu foutu de notre gueule. Ca s’est très mal passé humainement avec le mec et on a eu un retard de presque 3 mois. On n’a eu 0 nouvelle pendant ces 3 mois. Et on a décalé une première fois et l’album est passé par un autre studio qui a récupéré nos pistes… sous la table…

Gredin : Ouais, le mec a envoyé nos bandes à un autre studio à Los Angeles, sans nous le dire. Et c’est le studio à Los Angeles qui nous a contacté : « Ah, on est content, on a votre album… » (rires)

Manu : Le premier voulait sous-traiter, enfin se débarrasser du travail parce qu’on le pressait pour avoir le mix. Du coup ils ont remixés un peu l’album mais on n’a pas passé beaucoup de temps dans leur studio. Du coup on a récupéré les pistes et on a tout réenregistré et remixé nous même. Ce qui fait qu’on a eu un an et demi de retard sur la sortie. Au final, on a bien fait, parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi même.

Gredin : Exactement. On a pu travailler le son comme on voulait, tout en se concertant tout le temps et au final le résultat nous plaît à tous.

Manu : Au final, on a fait ce qu’on a fait sur chaque album.

MF : C’est vrai que du coup, pour quelqu’un comme moi qui ai déjà pu écouter l’album… Je l’ai vraiment ressenti comme un tout, par rapport à Acid Mist par exemple. Ca serait une piste unique, ça passerait tout seul. C’était quelque chose qui vous cherchiez quand vous avez composé?

Manu : Non en fait la manière dont on compose, en général quand on arrive en studio on n’a pas de morceaux terminés. On arrive avec des thèmes que j’apporte généralement. Des fois c’est un peu construit, mais ça dure 2, 3 minutes, ce n’est pas des morceaux complets. Et en studio on structure ensemble, le puzzle prend forme vraiment quand on enregistre. On a aucune vision globale de l’album avant de l’enregistrer. A part ‘Tio’, qui était une chanson qui était déjà composé avant. Je l’ai composé pour moi, mais elle s’est intégrée naturellement dans l’album, parce que la couleur qu’elle donnait collait parfaitement à l’album. L’album a pris forme quand on a eu fini l’enregistrement parce qu’on a eu du recul sur les morceaux uniquement une fois qu’ils ont été enregistrés. Même pendant le mixage, on travaille sur les arrangements. L’album, tel qu’il est construit, ça s’est fait vraiment à la fin. Les morceaux n’étaient pas agencé comme ça au début. Et finalement les choses prennent forme et la façon dont on a arrangé les choses donnent un sens. Agencé différemment, il n’aurait peut-être pas marché de la même façon.

Gredin : Je pense que si il y a une linéarité comme ça dans l’album c’est parce que le gros du travail s’est fait sur une seule semaine. On s’est réuni et on a vraiment bossé sur la structuration des morceaux et du coup je pense que c’est pour ça qu’on retrouve cette unité.

Manu : Comme ça se fait sur un laps de temps très court, les atmosphères qu’on déploie communiquent pas mal entre elle. Même si c’est des morceaux différents, on est dans une ambiance qui ne varie pas beaucoup pendant ce laps de temps. Donc malgré nous, il y a une logique qui se met en place naturellement.

MF : D’accord. Et quel est le concept derrière l’album?

Hypno5e : (rires)

Manu : En fait on a voulu construire cet album en 5 parties avec une cartographie intérieure d’un personnage qui est en errance sur une espèce d’île imaginaire, qui est composée de 5 rives avec la rive central. Et chaque rive représente une parcelle de mémoire, de souvenir qu’il traverse et on le suit pendant tout ce voyage. Il y a donc les 4 rives Nord, Sud, Est, Ouest et il y a le noyau central qui est la chanson ‘Tio’, qui est en Espagnol.

MF : Justement, sur vos textes, vous avez du Français, de l’Anglais, de l’Espagnol. Pourquoi vous choisissez une langue plus qu’une autre. Les textes viennent naturellement comme ça?

Gredin : C’est surtout pour la musicalité des textes et si ça colle au sens, tant mieux.

Manu : En général, les langues nous viennent naturellement. C’est vrai que la plupart des chansons sont écrites en Anglais, les samples en Français, mais on ne se pose pas la question. Ce qui nous motive, c’est la musicalité que pourra avoir une langue. C’est pour ça que ‘Tio’ n’aurait pas pu être écrite autrement qu’en Espagnol, parce que c’est une langue très poétique, très brute, qu’on ne retrouve pas forcément avec ce que je voulais dire ailleurs. Ce qui prime, c’est la manière dont les mots s’agencent avec la musique. Qu’est ce qu’ils vont signifiés dans la musicalité plus que dans le sens. C’est pour ça qu’on a aussi du Grec et du Suédois dans l’album.

Théo : C’est vraiment pour le son en fait.

Gredin : Ca permet de donner à chacun un sens, quelque soit l’origine. Chaque auditeur peut se faire son avis.

Manu : On se retrouve tous forcément perdu avec cette barrière de la langue et c’est donc que la musicalité qui prime, et ça permet de voyager dans un mélange d’abstrait et de concret.

MF : Et pour les textes qui sont samplés. Comment vous les choisissez?

Manu : En fait on a une bibliothèque qu’on se forge nous même dans nos lectures, dans les films…

Gredin : Ouais, chacun fait sa bibliothèque de son côté et quand on se réunit, on voit ce qui colle niveau couleur.

Manu : Quand on pense qu’il y a la place pour un passage parlé, on fouille un peu dans ce qu’on a. On en a aussi qui sont réenregistrés, avec des extraits d’un film que j’ai réalisé et qui ont été fait pour l’occasion. En général, c’est rare qu’on aille chercher quelque chose en particulier. On a tous les samples qu’on a récolté et on voit au niveau du rythme, du sens que ça pourrait donner et on pioche dans ce qu’on a.

MF : Vous cherchez à ce que ces textes collent textuellement avec ce que vous voulez présenter ou ça reste aussi toujours dans l’ambiance que vous voulez passer?

Manu : Pareil. C’est en priorité la musicalité, mais vu que les samples précèdent l’écriture des paroles, on ne se pose pas vraiment la question du sens en fait. On cherche plus l’état dans lequel va nous mettre ces mots, ces phrases. Quel décor il va donner en fait. Pour moi les samples dessinent une sorte de décor qui correspond à l’ambiance qu’on veut développer dans le morceau. Le sens vient après. Même à nous, ce n’est pas clair tant qu’on n’a pas mis un point final au morceau. Je ne pourrais pas expliquer où on va et ce qu’on veut dire avant que l’album soit fini. Si tu m’avais posé la question du sens de l’album juste avant d’avoir fini le mix, je n’aurais pas pu te répondre.

Gredin : C’est ça. On construit sur le tas et après on digère.

Manu : On y met une intention, une esthétique et le sens nous vient après quand on réécoute. Nous même on redécouvre le tout. C’est quelque chose de pas réfléchi en tout cas. C’est très brut.

Théo : Moi j’ai attendu la sortie de l’album pour vraiment l’écouter d’une traite. Je connaissais les morceaux forcément pour les avoir travaillé. Mais une fois la sortie, je me suis dis je vais me joindre à tous ceux qui vont le découvrir. Et du coup ça m’a permis de découvrir des sons que je n’entendais pas avant, des sens que je n’avais pas pris conscience avant. On est auditeur en plus d’être producteur.

MF : C’est assez rare d’avoir cette démarche. Même moi qui suis musicien, je n’ai pas ce recul là de redécouvrir ses propres morceaux une fois l’album terminé. On veut toujours se faire plaisir quand on compose mais il n’y a pas ce…

Manu : On n’est pas totalement maître de ce qu’on compose. Même si on sait où on va, mais je pense que je m’ennuierais de savoir à l’avance à quoi ça va ressembler. C’est même chiant parce qu’on est toujours surpris et jamais content au final. On a toujours envie de recommencer. C’est aussi ce qui fait le charme, c’est qu’on ai besoin de se surprendre nous même et de ce laisser aller.

Théo : Et ça nous ressemble dans notre façon d’être et de tourner.

Manu : Ouais c’est très brut, on attend que ça nous tombe dessus pour nous rendre compte de ce qu’il se passe.

MF : L’album est sorti chez Pelagic. Comment se passe la collaboration avec Robin?

Gredin : Super cool (rires).

Manu : On a tourné un peu avec eux (ndlr: The Ocean) au début et on le connaissait plutôt bien parce qu’il avait distribué une partie d’Acid Mist en Europe. Il voulait vraiment faire le nouvel album, nous on voulait aussi se retrouver sur un label qui est géré par un musicien et qui sait ce qu’il fait, avec un petit catalogue, pour pas être noyé dans la masse de groupe. Et du coup ça nous plaisait de bosser dans ce cadre là et notre musique colle bien avec ce qu’ils font, puisqu’il n’y a pas de barrière. Tu sais que toutes les possibilités sont là. Il est au service de la musique, que ça soit métal ou pas. Et on s’entend bien donc ça va le faire. On a fait une date à Berlin où on a pu passer une soirée ensemble, enfin une moitié de soirée (rires). Mais on s’est régalé et on va être appelé à partager des dates avec eux…

MF : Pour continuer dans le live, vous êtes très proches du cinéma mais vous aviez abandonner les projections. Vous comptez reprendre?

Gredin : On a repris (rires).

MF : Ah je les ai pas vu en bas.

Gredin : C’est trop petit.

Manu : Elles sont là tout le temps, mais on est tributaire de l’espace dans lequel on joue, et là c’était pas possible. Mais sur la plupart des dates elles seront là.

Théo : On est dans la transition pour jouer que dans des grandes salles (rires). Peut-être bientôt, on pourra avoir la vidéo 9 fois sur 10.

MF : Vous avez fait quelques belles dates pour la sortie de l’album avec Textures et Psykup. Il y en a d’autres qui arrivent. Ca commence bien?

Manu : Ouais c’est terrible. Tout va très bien. Textures c’était sur l’Allemagne, c’était la première fois qu’on jouait à Berlin et on a fait quasiment que des dates dans des endroits où on n’avait jamais joué donc c’était plutôt bien. Et là ça joue tous les week-ends donc c’est vraiment bien. Et les plateaux sont cool. On a joué avec Psykup au Trabendo et à Bethune et ça se complète bien. Même si ce n’est pas le même style, il y a une liberté dans la composition qui fait que ça colle bien. Et les gens aussi qui vont écouter ce genre de musique sont curieux, du coup je pense que le plateau est très cohérent.

Théo : Et ils sont super cool humainement aussi.

Manu : Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas joué avec eux. Hypno5e a commencé avec Psykup et Manimal et du coup c’était bien de se retrouver et comme on a fait un morceau sur le premier album avec Milka donc on n’a pu rejouer le morceau après 9 ans et c’était pas mal (rires).

MF : On va parler un peu des Etats-Unis, la dernière expérience ne s’est pas forcément bien déroulé…

Manu : Ca dépend pour qui (rires).

MF : Vous n’y êtes pas tous allez donc…

Théo : Il faut que tu demandes à Gredin (rires).

MF : Du coup vous comptez y retourner quand même?

Manu : Ah oui bien sûr.

Gredin : La revanche est proche (rires).

Manu : C’est un projet pour cet album là de tourner 1 an et demi voir 2 ans. Et on compte bien y retourner.

Théo : On a fait des erreurs qu’on ne veut pas refaire. Même avec des Visa de travail, il y a beaucoup de gens dans notre entourage qui ont eu des soucis pour avoir ces visas et ils n’ont même pas pu, alors qu’ils avaient le contrat parce que le visa n’a pas pu être validé à temps. The Ocean ont eu ce soucis il y a pas longtemps. Donc ça fait un peu flipper quand t’es un projet européen parce qu’on se casse les dents.

Manu : C’est aussi pour ça qu’on ne voulais pas prendre de visas à l’époque parce que ça coûtait très cher. Mais on ne pouvais pas non plus annuler ces dates. On a fait 3 tournées là-bas, les 2 premières ce sont bien passées, sans visas… On devrait pas le dire normalement (rires). Et la 3ème, ben la moitié de l’équipe n’a pas pu partir. Mais l’essentiel était là donc on a pu tourner.

Théo : Ca se retrouve dans le documentaire Asphalt…

MF : Qui est très bien foutu…

Théo : Il a pas été beaucoup regardé, mais qui répond très bien à ta question en fait.

MF : Ouais, après c’est surtout pour la suite, si vous comptiez y retourner.

Manu : D’ailleurs ce documentaire, on va donner suite à ces petites chroniques qu’on faisait. On a deux épisodes en tête. Une fois qu’on sera sorti de rush du début de tournée, on va monter le prochain asphalt. On va essayer de le sortir pour avril (ndlr: interview du 3 mars).

Théo : On veut y retourner mais on ne veut pas perdre trop de fric. On ne veut pas prendre de risque.

Manu : Maintenant on a un booker là-bas donc selon ce qu’il nous propose on ira. Mais on ira au moins une fois pour cette album. Même si on met l’accent sur l’Europe parce qu’on n’a pas fait beaucoup l’Europe et on devrait mettre l’accent là dessus.

MF : Ok. Du coup tu viens de répondre à ma dernière question qui était à propos du futur pour Hypno5e. Donc tournée, tournée, tournée?

Manu : C’est ça.

Théo : On veut jouer là où on n’est jamais allé surtout en Europe. Après on fantasme sur beaucoup de destination mais ce qui peut nous être que bénéfique pour l’instant, c’est l’Europe parce qu’il y a du public qui nous attend et qui nous as jamais vu. On a des festivals au mois d’Août en Europe de l’Est donc on pourra aller dire bonjour à ce public.

Manu : On va commencer à bosser aussi sur d’autres projets qui vont donner suite à cet album. Un quatrième album aussi dans un petit moment et aussi par d’autres intermédiaires avant la sortie du prochain album qu’on va essayer de mettre en place pour 2017, 2018. Il y a beaucoup de choses qui arrivent donc ça ne va pas chômer (rires).

MF : Et ben c’est parfait. J’ai terminé, si vous avez un petit mot pour conclure?

Manu : Merci de nous suivre. Venez nous voir en live, on va passer un peu partout, j’espère. Et n’hésitez pas…

Théo : N’hésitez pas à venir dire bonjour, ça nous fait plaisir de voir du monde (rires).

MF : Merci beaucoup.

Hypno5e : Merci à toi.

Après Textures à la fin du mois de Février, les Montpelliérains de Hypno5e posent leur valise à Colmar pour venir défendre leur nouvel opus. Ils seront accompagnés des amis de The Apostasy et des Mulhousiens de Timeless.

Ce sont les Timeless qui commencent la soirée. La petite salle est plutôt bien garnie et les Mulhousiens sont venus avec quelques potes qui vont mettre l’ambiance. En même temps le chanteur ne tient pas en place et ce pour le grand plaisir du public. Le son est plutôt bon (quelques larsens viendront perturber le set) et permet de bien suivre ce que fait le groupe. De ce côté là, j’ai un peu de mal à me mettre dedans avec de nombreuses longueurs qui me font un peu perdre le fil. Les jeunes sont pourtant bien doués derrière leur instru et il y a tout de même quelques parties intéressantes. La demi-heure passe donc plutôt bien et fait parfaitement office de mise en bouche.

Si Timeless joue devant une partie du public conquis, pour les Apostasy, c’est un autre son de cloche. Premier concert de l’autre côté des montagnes vosgiennes et tout à prouver à un parterre qui réponds finalement parfaitement au Métal Ambiant du duo. Bien aidé par un bon son, le groupe réussi à capter l’attention, même si Tof doit reprendre un peu le public par moment. Sur scène, on regrette le placement scénique du soir qui fait forcément un vide sur scène, mais la taille de la scène ne permet pas vraiment d’autres solutions. Pour le reste le set se déroule bien, malgré quelques pains que seuls les connaisseurs décèleront et les 40 minutes alloués nous mettent bien dans le bain pour Hypno5e.

Le combo est attendu par l’ensemble de l’auditoire et dès les premières notes de « In Our Deaf Lands » on sait que le concert va être bon avec un excellent son, un groupe en forme et des lights magnifiques. Le groupe est très bien soutenu par un public qui est là pour ça. Que ce soit les anciens morceaux, placés en milieu de set, qui ont bien la cote, comme le grandiose « Maintained Relevance Of Destruction Pt.II » (même si je préfère la I) ou « Gehenne » ou les nouveaux morceaux que nous découvrons sur scène. Beaucoup de têtes oscillent au rythme de la musique et le duo vocal Manu / Gredin nous captivent avec une prestation de haute volée. Le gros regret de la soirée va être l’absence des projections qui font leur retour sur cette tournée et dont nous ne profitons pas par manque de place. Le temps passe très vite et le joyeux bordel de « Tutuguri » vient déjà mettre un terme à un set bien ficelé et bien mené par le quatuor. Vu le nombre de CDs vendu à la fin du set, l’avenir paraît bien radieux pour Hypno5e et qui le mérite amplement au vue de la prestation de 5 étoiles de ce soir.

Setlist :
– East Shore – Landscape In The Mist
– East Shore – In Our Deaf Lands
– Maintained Relevance Of Destruction Pt.II
– Acid Mist Tomorrow
– Gehenne Pt.II
– Gehenne Pt.III
– West Shore – Where We Lost The Ones
– West Shore – Memories
– South Shore – Blind Man’s Eye
– Tutuguri

Quelques minutes après la fin de leur set, je retrouve l’ami FT pour parler de son bébé D E L U G E.

MF : On va commencer de façon classique. Comme c’est notre première interview ensemble, présente-moi ton projet.

FT : Euh ouais. Tu me diras ce que tu veux savoir parce que ça peut être long.

MF : Ben commence par le début.

FT : Donc j’ai commencer à bosser sur Déluge je dirais en 2012. A la base c’est parti d’une idée avec Max, que j’avais rencontré dans d’autres groupes avec lesquels on a fait des splits ensemble, tu le sais (NDR : FT dans Fléo et Max dans Petroïska Larma pour le split Noise Coalition). Et on avait ce vieux projet de faire de la musique ensemble sans savoir quoi exactement à la base. On ne savait pas si ce serait acoustique, rock, métal… On ne savait pas du tout. Et on a commencé à bosser sur quelques trucs avant que Max n’aient plus trop le temps. Il s’est mis en retrait par rapport à ça et j’ai vraiment bossé à donf sur le projet et j’ai avancer sur toute l’imagerie, le projet de scène, le concept de Déluge à la fois dans les sonorités et les compos. On a enregistré une démo en juillet 2013 si je ne me trompe pas et on l’a sorti qu’en septembre 2014. Et là on a sorti l’album en septembre dernier chez les Acteurs de l’Ombre.

MF : Ok. Tous les autres membres du groupe sont des potes à toi…

FT : C’est ça ouais.

MF : C’était vraiment important pour toi que vous soyez proche et qu’en plus ce soit des mecs qui aient de la bouteille sur scène?

FT : Absolument ouais. J’ai passé beaucoup de temps avec des mecs motivés mais sans… pragmatisme. Je sais pas si je me plante (rires). Enfin voilà je voulais des mecs qui soient vraiment un soutien pour le projet. C’est mon bébé et j’ai plein d’idée. C’est moi qui prend les décisions mais je voulais une équipe que je puisse consulter et ils sont tous plus compétents dans certains domaines que moi donc c’est ultra pratique parce que ça se fait vraiment dans le respect et dans la volonté d’avancer ensemble vers un bon truc, avec une idée. Pendant longtemps ça a été un peu flou parce que j’avais tout dans la tête et pas forcément le temps ou les moyens pour leur montrer mes idées. Ils m’ont jamais lâchées et on a vraiment galeré. Pour trouver un batteur, on a auditionné une dizaine de mecs, des super mecs qui avaient besoin de tourner tout de suite ou qui n’avaient pas forcément le temps. Et on a rencontré Ben parce que c’est lui qui a enregistré la première démo. On avait un batteur qui n’a pas du tout fait le job en studio. Et du coup pendant l’enregistrement, il m’a demandé si il pouvait essayer un truc. Il voulait me montrer ce que je voulais faire faire au batteur de l’époque qui devait vraiment être un batteur de session. Et il a envoyé un blast qui groovait à mort avec un tempo de malade et on a tout de suite trouvé qui allait enregistrer cette démo. Il n’était pas trop disponible à ce moment là, il avait beaucoup de chose à faire. Et une fois qu’il a mis un bon coup de balais dans son emploi du temps, peut-être 1 an plus tard, ou 6 mois je ne sais plus, il est revenu vers moi en me disant qu’il était dispo. On a donc commencé à bosser, ça l’a vraiment fait directement. On a vraiment beaucoup bossé sur les pistes qu’on avait. On a fait tourner les 5 pistes qu’on avait à l’époque et on avait déjà des opportunités. Les Acteurs de l’Ombres ont failli sortir la démo et au niveau timing et budget c’était un peu serré et ça l’a pas fait. Mais par contre on avait des touches d’autres labels pour sortir un album. Et on s’est dit que ça pouvait être pas mal de bosser pour un album. Je ne voulais pas sortir d’album sans label. Du coup on a bossé sur l’album. J’avais 5 pistes vraiment finies et 20, 30 minutes à orchestrés et arrangés, ce qui a donné les 4 autres pistes de l’album. Il y a ses 5 pistes là, il y a un triptyque que j’ai découpé et quand on l’écoute à l’usure et voit que cette partie là a été composée à côté. Mais ça ne clash pas avec les autres pistes. Et du coup on a sorti ça. Du coup c’était important pour moi d’avoir ce genre d’équipe. Maintenant quand je monte sur scène, je suis détendu pour passer un bon moment parce que je sais que derrière ça envoie la purée. Je suis rassuré, maintenant c’est à moi de tout donner. Je sais que eux, ils envoient la sauce et qu’ils tiennent la route parce qu’ils ont beaucoup tournés. Même si on n’était pas potes, c’est une équipe où je me dirais c’est cool de partir en tournée avec ces mecs là. Et comme c’est mes meilleurs potes et ben… c’est beau (rires).

MF : Tu viens de le dire c’est ton bébé. Mais est-ce que tu leur laisses quand même de la liberté pour structurer des parties?

FT : Alors tout l’album, à part quelques riffs de guitares que Richard a amené et quelques petits arrangements, j’ai vraiment du faire 95% du boulot de composition des « cordes ». J’ai composé les 2 guitares à chaque fois, les lignes de basses. Après c’est de la discussion mais j’avais fait le plus gros du boulot. Le truc qu’on a eu le plus de travail en commun c’est plus les patterns de batterie sur les parties aérées. Il y a beaucoup de blast et j’avais une idée précise de ce que je voulais avec les roulements pour relancés, etc et c’est assez cohérent avec les guitares parce que c’est une composition logique. Il y a pas trop de trucs alambiqués, ça appelle toujours quelque chose. Quand t’avances dans la piste, t’as des références à des choses que t’as avant ou ce qui va arriver à la fin. Mais c’est vraiment pour les parties aérées où pour le coup, il fallait des choses qui groove un peu et que j’ai un peu de mal à composer. C’est pour ça que Jam (Ben, batterie ndlr) a eu un gros rôle à jouer. J’ai remarqué que dans ses blasts, il arrivait à faire groover les cymbales, même la caisse claire sur des blasts, parce qu’il était dans un groupe de grindcore avant mais que c’est aussi un passionné de rock et il est capable d’avoir un jeu très très rock et ça dynamise le truc. Il arrive à faire groover tout ça et il a apporté beaucoup sur ces parties de compositions. Pour le coup Richard et Fred aussi. Enfin ils m’ont bien aidés sur ces parties, mais les cordes, arrangements étaient déjà prêts. Je les consulte aussi sur certains aspects d’imagerie… De méthode de diffusion plutôt parce qu’ils ont aussi beaucoup de passifs, moi ça m’intéresse de plus en plus mais j’avais pas toutes les méthodes qu’ils avaient avec d’autres groupes et ils étaient plus calés que moi donc je les consulte beaucoup. Je prend toujours la décision à la fin, mais si ils ont une meilleure idée que moi, je la retiens. Je ne suis pas un leader tyrannique débile. Je suis un leader tyrannique sympa (rires).

MF : L’album est sorti il y a quelques mois. Les retours sont plutôt très bons…

FT : Carrément ouais.

MF : Ca te conforte dans l’idée que c’était ce qu’il fallait que tu fasses à ce moment de ta vie musical?

FT : Grave. J’en suis vraiment super fier. Je le dis sans rougir, parce que c’est le premier projet de ma vie, enfin de ma vie de musicien où je met toutes mes couilles et toutes mes tripes dedans. Tu vois, je me suis dis: « Maintenant on y va. Tu prends du temps… » et j’ai pris vraiment beaucoup de temps libre. Libre, parce que j’ai eu une phase de ma vie où j’ai eu le temps de faire ce que je voulais et j’avais aussi les moyens qu’il fallait pour le mettre en oeuvre. Donc j’ai beaucoup investi en temps et en argent dans cet album et il y a pas mal d’indicateur. Sur n’importe quel concert qu’on a fait, même dans des endroits avec des plans dépanne avant une grosse date sur un routing ou des trucs comme ça, on a toujours beaucoup de monde. En tout cas suffisamment de monde pour dire que ça intéresse les gens. Ca me fait plaisir, parce que si ça ne marchait pas, je serais forcément triste. Là je me dis, j’ai fait mon truc, c’est vraiment mon truc et il fallait que ça soit fait. Ca fait référence à pas mal d’étapes de ma vie, de nos vie à nous, sur des paroles, sur des parties mélancoliques, sans tomber non plus dans la dépression et la tristesse. Mais du coup voilà, si ça ne prenait pas j’en serais quand même très content. Bon je ne l’écoute pas tous les jours, je ne me fais pas d’auto-fellation systématique (rires). Mais de temps en temps. J’écoute beaucoup de black moderne et je me dis : « Bon, ben il manque encore un truc ». Et je me surprend moi-même à avoir envie d’écouter Déluge et c’est vraiment ça que je voulais. Je le dis vraiment sans égoïsme, je ne me mets pas sur un pied d’estale. Quand j’ai composé, j’avais vraiment l’impression d’être externe à tout ça. J’avais beaucoup de temps à passer sur ma gratte et j’ai trouvé ces riffs qui sonnent. Je me suis dis que ça sonnait comme un truc que je n’avais pas encore trop écouté. J’écoutes beaucoup de Deafheaven, Liturgy, Altar Of Plagues, Amenra, enfin plein de bonnes choses mais il manque un petit truc. Tu vois Deafheaven c’est hyper cool, mais il y a des parties un peu à l’eau de rose, pourtant j’adore des trucs très aériens, mais là c’est trop… je vais pas dire trop californiens (rires) parce que j’adore ça aussi, mais il manque quelque chose. Il y a quelque chose à faire qui n’a pas été fait et j’en suis très très content. En plus les retours sont globalement très bon. A part quelques chroniques, après ça ne peut pas plaire à tout le monde, c’est un peu particulier. Après les retours en termes de ventes, bon il y a la distribution qui joue beaucoup mais pour l’album, on a fait 1000 digi, 300 LP et c’est sold-out depuis 1 mois, 1 mois 1/2. Donc on a repressé des cds et des vinyles. J’en discutais avec Chris notre sondier, les groupes qui arrivent à faire plus de 1000 cds, c’est cool et c’est qu’il se passe un truc. Le boulot de diffusion y est pour beaucoup, le label a vraiment assuré en terme de promotion et distribution. On a 1 ou 2 attachées de presses qui bossent au label pour nous et qui font de l’excellent boulot. Après tu peux avoir le meilleur album du monde, si personne n’en parle tu ne le vendras pas. Et en l’occurence ils ont mis vraiment les moyens et les retours sont hyper cool.

MF : Donc sur l’album, les pistes sont toutes liées entre elles avec ce sample de pluie. Est-ce que c’est liée au concept de l’album?

FT : Ben c’est un truc que je pensais pour le nom de Déluge. Je me suis pas dis de suite il faut qu’on s’appelle Déluge. J’avais pensé à des structures et des ambiances et c’est venu naturellement. Il y avait des grosses nappes de guitares, une batteries soutenues, des aérations de temps en temps avec des parties plus posées. Mais je me suis dis, globalement il faudrait que tu te fasses jamais chier et que quand ça se calme tu sois encore captivé, que tu récupères les mecs et que derrière tu leur en remettes plein la gueule et c’est venu naturellement. Déluge de guitare, déluge d’intensité, déluge de mélodie, ben je me suis dis que je pourrais appeler ça Déluge. C’est venu un peu comme ça. On a vraiment fait le projet autour de ça, l’eau c’est un élément assez intéressant et qui apporte plein d’aspect. Ca peut être la colère, une pluie torrentielle après t’as une bruine pour un dimanche un peu pluvieux. Tu vois c’est des émotions fortes qui correspondent toujours aux paroles et aux mélodies. On s’est bien cassé la tête sur le concept. Ce n’est pas vraiment un concept album mais ça pourrait l’être dans le sens où… J’ai une anecdote là dessus quand j’ai composé les 3 dernières pistes, on est arrivé avec Max en studio avec les pré-prods et lui avait écris 3 textes. Et je ne suis même pas sûr qu’il avait écouté les pré-prods et il est arrivé avec 3 feuilles A4. On a posé les feuilles, je lui ai fait écouté les morceaux et sans se parler, j’ai regardé les paroles et on a avancé comme ça. On a fait 1 ou 2 écoutes et au final on s’est dit ce texte, ça ira avec cette piste. Et on était d’accord du premier coup. Sans avoir même écouté les morceaux en instru, les paroles collaient parfaitement aux ambiances et c’était super marrant. Donc voilà, le lien c’est que ça colle à la peau du projet. Que ce soit sur album ou sur scène, où il y a pas mal de concert où on n’a pas d’applaudissement avant la dernière note. La première fois c’était super déroutant à Rouen. A la fin les mecs étaient complètement fou, mais au départ tu te dis merde, qu’est ce qui se passe. Il n’y a pas eu un applaudissement entre les pistes, pourtant il y a quelques arrêts avec ce sample de pluie qui captive encore les gens où ils se disent, c’est fini ou on attend un peu. Enfin ça fait vraiment partie du projet, c’est pas un concept album mais ça fait partie intégrante du truc.

MF : Sur l’album il y a un feat avec Neige de Alcest, ça s’est passé comment?

FT : Et ben en fait j’ai commencé à écouter Alcest et je comprenais pas pourquoi il y avait cet engouement et pour l’anecdote, c’est comme pour Booba, j’ai commencé par la fin avant de comprendre qu’il était dans Lunatic avant donc qu’il y avait un sacré lascar derrière ce qu’il fait aujourd’hui, même si il y a des trucs que j’aime encore aujourd’hui. Et ben Alcest c’est pareil, j’ai découvert sur la fin et j’avais un peu de mal avec ces parties très chantées, haut perchés dans le chant. Et j’ai remonté l’arbre généalogique et je suis tombé sur la réédition, je crois, du Secret où j’ai pris une rouste. Et j’ai décomposé les anciens albums et je comprends pourquoi ils en sont là actuellement. Ca a mis un temps fou à arriver et c’est un projet que j’ai beaucoup respecté parce que c’est des mecs qui ont tout compris dans le sens où ils partent du black ultra traditionnelle et ils évoluent à donf sans ce soucier de savoir si les gens vont les suivre. Et connaissant Neige, il n’a pas fait ça pour dire : « Là on a bluffé tout le monde, maintenant on fait autre chose. ». C’est vraiment un mec qui fait ce qu’il a envie de faire, mais ça fait plaisir de ce dire qu’il fait ce qu’il veut et que ce qu’il fait c’est cool. Et comme c’est un bon ami de Valnoir qui nous a fait le visuel et a qui j’avais filé les pré-prods avant qu’il bosse sur l’artwork. Comme je savais qu’ils se connaissaient bien, je lui ai demandé s’il pouvait faire écouter ça à Neige pour avoir son avis. Nous on voulait dynamiser un peu le truc. On avait trois titres qui étaient sur la démo, pas avec le même son, ni les mêmes arrangements mais je me suis dis que ça pourrait donner une nouvelle peau sur une piste. Les 2 autres pistes étaient déjà bien changé niveau prod, donc on n’avait pas forcément le besoin mais sur la dernière on n’avait pas grand chose et on s’est dit que ça serait cool. Il a écouté et il a adoré. Et du coup il a été super sympa et ça s’est fait très simplement. Il a fait ça de façon très pro et ça s’est fait comme ça en fait.

MF : Pour vous ça marche plutôt bien. Vous avez pas mal de dates. Vous avez fait Gojira, vous faites Textures ce soir. La machine est bien lancée?

FT : Ouais. Ca commence à bien prendre. J’ai eu une petite absence de dispo ces derniers temps et là je vais commencer à pouvoir faire le ménage et pouvoir remettre le paquet là dessus. L’idée c’est vraiment de s’entourer rapidement en terme de prod. C’est à dire de trouver une boîte de booking rapidement, de trouver un manager rapidement pour vraiment pouvoir se concentrer sur l’essentiel. Le fait d’avoir des gens qui bossent pour nous vont nous faire gagner du temps et surtout nous permettre de passer le niveau au dessus. A l’heure actuelle je fais tout, booking, imagerie, composition mais j’ai pas le temps en ce moment. Donc je garde un peu la main sur tout. Bon les mecs me rencardent sur des plans, ils donnent des idées, ils ont aussi des contacts, mais c’est toujours moi qui deal le truc et rien que ça, ça prend beaucoup de temps. Après avec mes anciens groupes, on était toujours à la recherche de dates. Là c’est quasiment que des réponses à des demandes, donc à des mecs qui nous veulent. Donc c’est super flatteur mais ça prend quand même du temps. Et on veut vraiment passer l’étape du dessus en s’entourant de pro dont c’est le métier et qui vont pouvoir nous consulter et nous proposer des trucs auxquels je n’ai pas forcément pensé pour aller dans le sens du projet. Je sais ce que je veux, mais je ne sais pas à moyen et long terme ce qu’il faut pour arriver à ces résultats là et c’est des mecs qui pourraient me filer plus qu’un gros coup de main.

MF : Pour l’instant vous rester dans la partie francophone. T’as pas peur qu’avec vos paroles en Français, vous ayez un peu de mal à sortir de la Francophonie?

FT : Je ne sais pas trop. Je sais que l’album est distribué quasiment dans le monde entier grâce aux Acteurs de l’ombre, qui passent par Season Of Mist pour l’Europe et d’autres distributeurs en Scandinavie, au Japon ou aux Etats-Unis. Bon après le Québec n’est pas le bon exemple mais on a un super retour là-bas donc ça va dans ton sens, mais on a apparemment aussi un bon retour en Scandinavie, notamment en Norvège, donc c’est très flatteur. Apparemment le Japon, ça marche bien aussi, bon le Japon dès que t’es Français avec 3 poils, tu fonctionnes à donf (rires). Mais je ne sais pas trop. Il y a plein de chose autour. C’est vrai que les paroles, c’est très important pour nous, mais je pense qu’on peut s’y retrouver aussi parce que sur scène on propose quelque chose d’un peu particulier, qui va aussi évoluer. C’est vrai que quand tu ressors, t’as vu un truc que t’as pas beaucoup vu parce que les lights sont un peu particulières mais je pense qu’il y a possibilité de s’y retrouver sans comprendre les paroles. Ou alors chercher un peu les traductions comme ça se fait chez nous. C’est vrai qu’on a fait beaucoup de France, on a fait un peu la Belgique, la Suisse. On va peut-être faire l’Allemagne bientôt mais je pense que ça ne sera pas bloquant parce qu’il y a un peu plus que les paroles. Après c’est sûr que si tu ne traduis pas les paroles tu perds quelque chose, mais je pense que l’expérience est quand même là.

MF : J’ai quasiment terminé et on vient d’en parler un peu. C’est quoi le futur pour Déluge?

FT : Ben comme je l’ai dis c’est de s’entourer le plus rapidement possible pour passer l’étape suivante et continuer à soutenir l’album parce que là, niveau composition on a le temps, et je pense qu’on ne tourne pas assez. On a quelques belles dates mais on a de la disponibilité et on a envie de défendre ça. Même sur scène on ne joue que 60% de l’album donc on a encore beaucoup à faire. Donc voilà, la priorité c’est de tourner à donf. Et on verra d’ici quelques temps. On a déjà quelques idées de riffs. Je suis assez curieux de voir aussi ce que ça va donner. J’avais des idées pour l’album de prendre un peu à contre-pied la scène en faisant quelque chose de très moderne et je me dis qu’on pourrait prendre à contre-pied notre album mais on ne sait pas trop encore. Il y aura peut-être aussi une part plus importante des lascars pour la compo mais je ne sais pas trop ce qu’il en sera, mais on a vraiment envie de défendre l’album, parce qu’il y a un bon gros bloc à défendre et qu’on veut jouer. On avance beaucoup sur le live pour développer un set unique. On l’a déjà un peu mais on veut vraiment passer les étapes du dessus pour le live avec des moyens techniques plus importants. On a plein d’idée et on est en train de réfléchir à ça en ce moment, mais je pense clairement qu’on ne tourne pas assez.

MF : D’accord. Et bien j’ai terminé. Si tu veux ajouter quelques choses?

FT : Merci beaucoup Julien. J’ai passé un excellent moment sur scène. Je suis très égoïste parce qu’apparemment c’était un peu froid.

MF : Ouais, il y avait pas grand monde aussi, mais c’était un bon concert quand même. Le son était pas forcément top mais c’était cool.

FT : C’est vrai?

MF : Ouais ça manquait de définition sur les grattes.

FT : Ouais on m’a dis qu’au début c’était la catastrophe mais que vers la moitié ça s’est amélioré.

MF : Ouais c’est ça. Enfin c’était cool.

FT : Merci. Je suis de plus en plus égoïste là dessus, même si je ne vois pas de mecs bougés et qu moi je passe un bon moment, c’est cool. Et même si les mecs sont à fond, des fois je me fais chier (rires).

MF : Et ben merci encore.

FT : Merci à toi.

Interview de Textures avec Uri

Posted: 16 mars 2016 in Interviews

Alors que le groupe vient de sortir son cinquième, j’ai le plaisir de rencontrer Uri pour parler de ce dernier opus, de la tournée en cours et du futur de Textures.

MF : Bonjour Uri. La première partie de la tournée va se terminer. Comment ça s’est passé?

Uri : Salut. Ecoute c’était cool. Quasiment chaque soir était complet et les réponses étaient vraiment bonnes. Le public était vraiment enthousiaste. Je pense qu’ils sont heureux d’entendre de nouveaux morceaux et du fait que l’on soit de retour. On a eu de très bon retour et c’est vraiment sympa pour nous de rejouer après autant de temps.

MF : C’est votre dernière date ici en France. Vous aimez venir ici?

Uri : Ouais, énormément. La France à toujours été excellente pour nous. A chaque fois on a eu des bonnes salles et beaucoup de monde. C’est vraiment cool. Par exemple l’Allemagne est beaucoup moins accueillante. On joue dans des petites salles et avec moins de public, alors oui la France est toujours en haut de notre liste de pays à visiter.

MF : Ok.

Uri : On essaie de revenir autant que possible.

MF : Cool. Le nouvel album vient de sortir. Comment à réagi le public à ces nouveaux morceaux?

Uri : C’est sympa de voir que sur le premier morceau que l’on a présenté, « New Horizons », les gens connaissent déjà les paroles et chantent avec nous. Et c’est pareil pour « Shaping A Single Grain Of Sand », pour lequel on a sorti un clip, dès que Bart lance le morceau, tout le monde est vraiment dedans. Les gens reconnaissent déjà les morceaux et c’est vraiment bien parce qu’habituellement il faut du temps, genre 6 mois pour que les gens ai bien assimilé l’album. Donc voir que les gens connaissent déjà les paroles est un vrai bon signe, je pense.

MF : Ouais. Il s’est passé presque 5 ans entre Dualism et Phenotype. Pourquoi aussi longtemps?

Uri : C’est vrai (rires). Il y a plusieurs raisons à ça. La première et une des grosses raisons est que notre guitariste, Jochem, a quitté le groupe. Joe l’a remplacé mais il a fallu du temps, déjà pour trouver quelqu’un et ensuite de se connaître dans le jeu et l’écriture. Ensuite 3 des membres ont eu des enfants à 1 mois d’intervalle et ils ont forcément changés de priorité.

MF : Ouais normal.

Uri : Et comme tout le monde à un job à plein temps. On fait ça à côté donc quand ce genre de chose arrive, ça retarde le processus et comme on a aussi fait la tournée anniversaire pour Polars, ça a retardé l’écriture. Je pense que la plus grosse raison est que nous avons une façon de travailler qui est très démocratique. Tout le monde dans le groupe doit approuver ce qu’on fait et sinon on essaie de le corriger pour que tout le monde approuve. Si ça ne le fait pas alors on ne l’utilise pas. Alors il peut être vraiment dur d’avoir quelque chose de bon parce qu’il faut que tout le monde aime. Mais quand tu travailles comme ça, le résultat est bien meilleur, mais il prend plus de temps. Si on avait qu’une seule personne qui écrivait tout, ça sera beaucoup plus rapide, parce que les morceaux arriveraient comme ça. Mais ce n’est pas du tout notre façon de faire. Tout le monde à écrit pour cet album et c’est aussi pour ça qu’il est aussi varié, que ce soit pour les parties heavy et plus légères. Ca prend du temps (rires).

MF : Tu viens un peu d’en parler, j’ai beaucoup écouté le nouvel album.

Uri : Merci.

MF : Vous avez gardé votre patte, on reconnaît tout de suite Textures, mais chaque partie est vraiment poussé à l’extrême. Que ce soit les parties rapides qui sont vraiment heavy et les parties calmes qui sont vraiment prenantes. Est-ce que c’était prévu comme ça?

Uri : Complètement. La principale raison est que tout le monde a composé pour cet album. Le feeling est donc beaucoup plus varié. On essaie toujours de faire quelque chose qui nous plait à nous d’abord. On essaie de nous surprendre nous même. Dualism n’est pas si heavy que ça, c’est beaucoup de chanson mid-tempo et plus direct. Et on savait qu’on voulait faire quelque chose de plus violent. Après quand on compose il y a tellement de parties différentes, comme par exemple le morceau « Zman » au piano, que j’ai écris complètement. Il est beaucoup plus calme mais il colle parfaitement avec l’album.

MF : Totalement.

Uri : Une fois qu’on a commencé à écrire, on fait uniquement ce qui nous plait et c’est ce qui est sorti.

MF : Ok. Vous avez également ajoutés pas mal de solos. C’est l’arrivée de Joe qui a changé ça?

Uri : Exactement. C’est un guitariste extrêmement talentueux et on s’est dit qu’il n’y avait jamais eu beaucoup de solo chez Textures. Jochem faisait tous les solos mais à un moment il ne sentait plus ça dans nos morceaux. Alors il n’écrivait plus pour avoir des choses plus mélodiques ou de solos. Et on s’est dit que si ça colle, ça colle, tu vois. Cela donne donc à tout le monde de quoi faire ce qu’il veut. On a également écris des parties rapides avec la guitare et le clavier et c’est quelque chose qu’on avait en tête depuis pas mal de temps. Comme on est parti de 0, on s’est dit que ce serait bon pour l’album.

MF : Le départ de Jochem a été gros pour le groupe. Est-ce que ça a été dur de continuer sans lui, vu l’importance qu’il avait dans le groupe?

Uri : Hmm. Oui et non en fait. C’est toujours dur d’avoir quelqu’un comme lui quitter le groupe. Il avait également un grand rôle dans le groupe du côté du management et il avait une vue d’ensemble sur la production. Mais quand il nous a dit qu’il partait, on s’est dit: « qu’est-ce qu’on fait? ». La musique était trop précieuse pour nous et le reste du groupe ne voulait pas s’arrêter là. Ca a pris presque un an ou un peu plus de 6 mois pour trouver Joe après le départ de Jochem. Et chacun d’entre nous a pu prendre contact avec le job qu’il faisait dans le groupe. Chacun avait sa tâche, on a divisé son boulot vers chacun et on a dû tous faire un petit peu plus. Ca a pris du temps, mais maintenant c’est devenu naturel pour nous. Et dès que Joe est arrivé, on a tout de suite su que ça fonctionnerait. Il comprend la musique et humainement ça se passe très bien. Au départ ça a été un choc mais on a fait ce qu’il fallait pour passer par dessus sans problème.

MF : Ok. Vous avez toujours un concept sur chaque album. Qu’est-ce que tu peux me dire sur Phenotype.

Uri : Et bien, cela commence par le fait qu’il y a 3 ans quand on a commencé à écrire. On s’est assis ensemble et s’est demandé ce qu’on devait faire. Et Stef, notre batteur, a dit qu’on devrait faire quelque chose de plus spécial qu’un simple album. Alors il est venu avec l’idée de faire un double album avec un album qui serait juste une longue chanson et un autre qui serait plus traditionnel. C’est ce qu’on a fait. Genotype, qui devrait sortir l’an prochain, sera la long morceau et Phenotype est l’album classique. Pour le concept, mon petit frère étudie la biologie et je l’ai fait aussi avant d’étudier la musique, et en discutant avec lui alors qu’il faisait une thèse en Suède sur les « Tadpole » (en Anglais) tu vois ce que je veux dire?

MF : Non.

Uri : C’est quand les grenouilles sont petites.

MF : Ah d’accord.

Uri : J’aurais du dire bébés grenouilles (rires). Et c’était à propos du phénotype et du génotype des têtards. En écoutant la musique que l’on avait, il y a beaucoup d’élément de Genotype que l’on retrouve dans Phenotype et inversement. Et je me suis dis comme on a écris l’album tous ensemble, ça allait être comme 2 parents qui donnent leurs ADN et qui donnent un enfant. Si le père a des yeux bleus et la mère des yeux marrons, le génotype est le fait qu’il peut avoir les yeux bleus ou marrons, mais comment cela ressort, c’est le phénotype. Si il a des yeux marrons, c’est son phénotype. La long morceau est vraiment tout ce qu’on sait faire et on a pris quelques unes de ces parties et on en a fait des chansons. Et cela donne Phenotype. Musicalement c’est comme ça que ça se passe, mais même au niveau des paroles, c’est aussi l’innée et l’acquis. C’est quelque chose qui faisait déjà un peu partie des concepts de Silhouettes et Drawing Circles. C’est intéressant de regarder les gens et de voir les choix qu’ils font, comment ils se comportent. On pourrait y regarder d’une certaine façon et apprendre les choses comme elle vienne et faire les choses comme t’en as envie. Et c’est en tout cas un concept très intéressant pour nous.

MF : Ok, tu viens de me dire que Genotype allait sortir l’année prochaine. Est-ce qu’il est fini?

Uri : Quasiment. On l’a écrit au même moment, mais c’est un peu dur à dire. On a voulu les sortir en même temps, mais on s’est dit que ça ferait trop d’informations pour l’auditeur et on avait peur qu’un des albums prennent plus d’ampleur que l’autre. Et ça ne donnerait pas ce qu’on voulait. On a donc décidé de ne pas les sortir ensemble. Du coup Genotype est prêt à 90%. On a presque toute la musique de prête, les paroles aussi. Mais il faut encore quelques arrangements et certaines parties demandes un peu de travail encore. Mais pour l’instant on se concentre sur les tournées, avec celle du mois prochain. On peut faire 2, 3 trucs dans le bus (rires). Mais après ces tournées on va se remettre au boulot pour le sortir l’année prochaine.

MF : Tu viens d’en parler, vous allez partir avec Amorphis. C’est une belle tournée.

Uri : Ouais complètement. C’est vraiment cool de se retrouver aussi longtemps sur la route. La dernière fois que l’on a fait ça, c’était avec Periphery aux USA. C’était même un peu plus long, mais c’est bien pour nous de faire ce genre de chose. De jouer dans des endroits que l’on ne connaît pas encore. Amorphis n’est pas vraiment dans le même style que nous donc je pense qu’on va jouer devant des gens qui ne nous connaissent peut-être pas du tout et c’est une bonne chose. Si tu joues avec un groupe qui fait la même chose que toi, les fans du premier groupe connaissent aussi le deuxième. Alors ça va être bien de pouvoir faire découvrir notre musique. Et en même temps ça va être dur de convaincre les gens. Donc je suis pressé de voir ce qu’il va se passer. C’est un bon pari mais ça va être cool. Je ne connais pas vraiment Amorphis…

MF : Moi non plus (rires).

Uri : Je connais de nom et qu’ils sont là depuis longtemps mais je ne connais pas trop leur musique.

MF : On est deux alors. Tu en as parler au début de l’interview, vous travaillez tous à côté. Ce n’est pas trop compliqué de faire ces tournées?

Uri : Ouais, ça peut être un peu problématique, mais pour la plupart on est freelance et on a des emplois du temps flexibles donc on a plus de temps libres. On est beaucoup à enseigner la musique donc c’est plus facile d’avoir un remplaçant. On a beaucoup d’amis qui peuvent prendre notre place et on l’a déjà fait plusieurs fois. Quand tu as du monde pour te remplacer quand tu veux ça va. C’est pour ça qu’on ne veux pas être dans un groupe à plein temps. Si tu fais 200 concerts à l’année alors oui tu peux payer tes factures, mais si il se passe quelque chose et que le groupe arrête, alors tu n’as plus rien.

MF : Oui.

Uri : Et du coup tu n’as plus de vie de famille ou de contact avec tes amis. Et pour être honnête, je pense que c’est moins sympa de faire plein de concert qu’une cinquantaine. A un moment donnée, ça se résume à faire des concerts. Pour moi c’est bien de tourner 3 ou 4 fois dans l’année avec quelques festivals, mais je ne me vois pas faire ça à plein temps. Comme le reste du groupe on a aussi envie de faire d’autres choses que de faire que notre musique. Je fait également des meubles et c’est une passion que j’ai aussi envie de faire quand je suis à la maison. On a toujours été claire là dessus dans le groupe.

MF : Ok. J’ai presque fini. Vous avez des plans pour retourner aux Etats-Unis.

Uri : Euh oui (rires). On a quelques offres pour y retourner avec quelques idées de tournée. Mais les Etats-Unis sont toujours compliqués parce que quand on va là-bas, on est encore un petit groupe. Les cachets sont très bas comparés à ici et le prix pour y aller est très cher. Le fait de partir là-bas coûte en gros 10000€ pour tout le groupe et la location d’un van. C’est difficile mais je pense qu’on va arriver à y retourner. Peut-être cette année ou l’année prochaine.

MF : Ok.

Uri : On y est déjà allé et c’était très cool et on a réussi à revenir à 0, tu vois. On n’a pas perdu d’argent mais on n’a pas rentré d’argent non plus. C’est difficile quand tu y vas avec tout le groupe et que tu dois quand même devoir payer les factures. Pour nous ce genre tournée est quand même mieux parce qu’on arrive à gagner un peu et à payer ces factures. C’est bien de pouvoir quitter son boulot pendant un mois sans se mettre dedans. Mais on aimerait vraiment y retourner parce que c’est cool (rires).

MF : Très bien. J’en ai terminé. Si tu as quelques choses à ajouter?

Uri : Merci à toi. C’est toujours cool de venir jouer en France alors venez nous voir quand vous pouvez. On sera de retour bientôt avec Amorphis alors n’hésitez pas!

MF : Merci beaucoup Uri.

Uri : Mais de rien.

Alors que leur dernier joyaux vient de sortir, Textures vient poser ses valises à Colmar pour nous présenter ses nouveaux morceaux. Ils seront accompagnés pour l’occasion de Uneven Structure et de D E L U G E.

Ce sont les Lorrains de D E L U G E qui vont entamer la soirée. Le groupe est plutôt en forme ce soir, même si l’étroite place laissée par tout le matos de Textures ne leur permettra pas de bouger énormément. Le son est correct, même si les grattes ne seront pas assez distincts, me donnant parfois du mal à reconnaître des morceaux que je connais pourtant bien. Devant la scène, le parterre est un peu vide et amorphe. Une erreur d’impression des billets à fait que les gens sont venus pour 20h30 alors que le début des concerts étaient à 20h, donc pas mal de monde à rater D E L U G E. Pour les autres ils étaient là pour Textures et ils ont été plus attentifs que participatifs. En tout cas le set de la bande à FT passera vraiment bien et le show lumière apporte toujours un gros plus pour la musique (même si c’est une plaie pour faire des photos).

La suite vient avec Uneven Structure, que j’avais découvert en 2012 en ouverture de Textures également. A l’époque j’avais eu du mal à me mettre dedans et à bien apprécier totalement leur musique. Il en sera de même ce soir. C’est super bien joué, c’est bien en place et le chanteur à une belle présence sur scène. Mais je dois m’absenter en cours de set pour filer faire mon interview avec D E L U G E et couper un set en cours de route n’aide pas à bien l’apprécier. Mes collègues présent sur place m’en diront beaucoup de bien, même si comme je l’avais déjà relevé il y a 4 ans, il manque un peu d’énergie dans les compos.

Retour dans la salle avant que Textures commence son set. Un set qui commence par « One Eye For A Thousand » et qui fait une belle intro au concert. Le son est très bon et le groupe est bien en forme. A part Stef qui mettra quelques chansons pour trouver un bon rythme de croisière. Pour les autres, c’est au top avec de l’énergie et surtout un sourire qui sera là tout le long du set. Tournée pour défendre Phenotype oblige, la setlist est fortement orientée sur cette nouvelle pépite. Et ce n’est pas pour me déplaire puisque les terribles « Oceans Collide » ou « New Horizons » viennent cotoyer les plus anciens et non moins excellent « Old Days Born Anew » ou « Swandive ». La bonne surprise vient de « Reaching Home » que je découvre en live et qui passe très bien et qui va précéder les magnifiques titres que sont « Awake » et le grandiose duo « Zman », avec Uri seul derrière son piano, et « Timeless » qui viennent clôturer la première partie de set. Le placement aurait peut-être été plus judicieux au début du rappel, mais celui-ci est tellement bon qu’on va laisser filer. En effet l’enchaînement de départ de Drawing Circles avec « Drive » et « Regenesis », suivi des tueries « Singularity » et « Laments Of An Icarus » terminent avec perfection un set parfaitement exécutés par les Bataves.

Setlist
– One Eye for a Thousand
– Oceans Collide
– Old Days Born Anew
– New Horizons
– Shaping a Single Grain of Sand
– Swandive
– Reaching Home
– Illuminate the Trail
– Awake
– Zman
– Timeless
————————–
– Drive
– Regenesis
– Singularity
– Laments of an Icarus

Artiste : Hypno5e
Album : Shores Of The Abstract Line
Sortie : Février 2016

Hypno5e - Shores Of The Abstract Line

Tracklist :
1. East Shore – Landscape In The Mist
2. East Shore – In Our Deaf Lands
3. West Shore – Where We Lost The Ones
4. West Shore – Memories
5. Central Shore – Tio
6. North Shore – The Abstract Line
7. North Shore – Sea Made Of Crosses
8. South Shore – Blind Man’s Eyes

Après quatre ans et quelques déboires, les montpelliérains de Hypno5e sont de retour avec un troisième album qui aura la lourde tâche de passer derrière le chef d’oeuvre Acid Mist Tomorrow. Inutile d’y aller par quatre chemins, c’est chose faite. Et même plutôt très bien faite.

On pourrait reprocher au groupe d’utiliser la même recette que pour ces précédents albums, mais cette recette se bonifie avec le temps et prends encore plus d’ampleurs et ce, des deux côtés principaux de la musique du quatuor. Les parties calmes et mélancoliques sont plus travaillées et les voix d’Emmanuel et de Gredin sont plus touchantes qu’auparavant. Quant aux parties violentes, là aussi le groupe a pris soin de nous en mettre plein la vue avec des riffs et une puissance encore jamais vue chez Hypno5e. Le côté clair / obscur cher à Hypno5e est donc encore plus présent que par le passé et le résultat est une vraie réussite.

On pourrait reprocher au groupe de vouloir trop faire dans le psychologique et l’intellectuel avec les différents extraits de livre, poème,… Pourtant ce sont des éléments qui sont autant important que le reste chez Hypno5e. De Neruda à Céline en passant par Hemingway ou Bukowski, le groupe continue d’explorer différents univers artistiques pour nous faire passer leur message. Le comprendre est peut-être compliqué, mais c’est aussi ce côté intriguant et complexe, que l’on retrouve d’ailleurs également dans la musique, qui fait que Hypno5e nous transporte toujours. Déjà entendu dans Acid Mist Tomorrow, nous retrouvons du chant en Espagnol, qui vient s’ajouter au Français et Anglais. Une difficulté de plus pour l’auditeur mais qui colle toujours parfaitement avec le reste.

Particulièrement bien travaillé au niveau du son avec une belle mise en avant de la batterie et des éléments d’orchestration, et toujours cette petite retenue pour les voix. La production de l’album, qui a été une nouvelle fois réalisé par le groupe lui-même, est à l’image de l’album: une réussite. Chaque élément trouve bien sa place et est mis en avant quand il faut.

Ce nouvel album est la suite logique pour Hypno5e. Complet, riche, sans faille, Hypno5e réussi encore une fois un émerveillement pour les auditeurs. En dehors de tout ce qui se fait à l’heure actuelle, Hypno5e se pose comme un incontournable dans le monde du Metal.

Note: 18/20

Après avoir été reporté 2 fois, les Dagoba pouvaient enfin poser leurs valises dans la cité des Images et je pouvait ouvrir mon année concert par un 19ème concert des Marseillais. Ils sont accompagnés ce soir de AqME et des locaux de The Apostasy.

The Apostasy commence donc la soirée devant un parterre réduit. La faute à des conditions de circulations compliquées qui ont conduit pas mal de gens à doubler leur temps de route pour venir jusqu’à Epinal. Pas grave, Julien et Tof sont très motivés sur la grande scène de la Souris Verte. Le son est au top, ça sera une constante dans la soirée, et ça permet aux gens qui ne connaissent pas de bien apprécier la musique du duo. Le set étant court, le groupe ne peut jouer que 3 chansons et du coup le temps passe très rapidement. Les personnes présentes ont eu l’air d’avoir bien apprécié ce que propose The Apostasy, j’ai vu quelques têtes bougés aux rythmes du Métal Ambiant des deux compères. Un set court mais bien exécutés par les locaux qui prouve que cette première partie n’était pas du tout volée.

Place ensuite à AqME. 11 ans après ma dernière expérience avec le groupe, qui n’avait pas été marquante, on va voir si le changement de chanteur et les années ont pu faire bouger les choses. Et bien il est clair que ça a bien évolué. Le nouveau chanteur ne tient pas en place et est très proche du public. Le reste du groupe a pris un bon gros bagage technique et sur scène c’est propre et ça envoie. Musicalement, j’ai toujours un peu de mal avec ce que propose le groupe, mais le moment reste agréable à suivre. Côté public, ça se passe très bien puisque le groupe est très bien soutenu et les premiers Circle Pit et Wall of Death apparaissent dans une grande salle bien remplie (environ 300 entrées). Je laisserai le groupe en milieu de set pour aller me désaltérer, pas convaincu musicalement, mais convaincu scéniquement et techniquement.

Les Marseillais de Dagoba arrivent donc comme d’habitude sur la musique de Dracula pour entamer le set sur « Eclipsed », tiré du nouvel album. Le groupe est bien en forme et se donne, comme d’habitude, à 200%. Le public est lui aussi très motivé et se donne à coeur joie dans les Circle Pits et Wall of Death, que les Marseillais apprécient énormément. Venant défendre leur nouvel album, la setlist fait une petite place à celui-ci avec « Born Twice » et « The Sunset Curse » qui se retrouve aux côtés des maintenant classique « The Man You’re Not » ou « It’s All About Time ». Malgré le passage en headline, le set est relativement court ce qui est un peu frustrant tant l’énergie que donne le groupe demande d’en avoir encore un peu plus et c’est vrai que un ou deux nouveaux titres, voir même quelques raretées, auraient été sympa. Malgré ce petit bémol, le concert se passe très bien et « I, Reptile » marque la fin du set. Enfin c’est sans compter sur le classique rappel, qui a déjà prouvé son efficacité, avec les anciens « Maniak », « The Things Within » et « The White Guy » et qui permet à tout le monde de se donner une dernière fois avant de rentrer. Si les températures extérieures étaient plus que négatives, les Marseillais sont venus apporter un bon gros vent de chaleur à Epinal avec un concert une nouvelle fois réussi.

Setlist Dagoba :
– Eclipsed
– The Man You’re Not
– Black Smockers
– When Winter…
– Born Twice
– The Sunset Curse
– It’s All About Time
– The Great Wonder
– I, Reptile
———————–
– Maniak
– The Things Within
– The White Guy (And The Black Ceremony…)

Voilà bien longtemps que je ne m’étais pas rendu dans cette sympathique salle des Môles à Montbéliard. Et comme c’est le retour sur scène des The ARRS dans le coin pour défendre leur nouvel album, l’occasion est immanquable.

On commence la soirée par les Manceaux de Unleashing The Beast qui vienne proposer un Metalcore fortement inspiré par Emmure. Le groupe tient bien la scène et arrive même à faire bouger un public déjà bien présent (alors que la soirée Black Bomb A, Lofofora, Tagada Jones, Loudblast affichait complète à Mulhouse). Musicalement rien de bien nouveau, mais c’est bien fait et ça sonne bien. La demi heure passe vite et UTB nous fait passer un début de soirée bien sympa. Ce n’est pas forcément ce que j’aime sur CD mais en live ça passe toujours bien.

La soirée continue avec les Alsaciens de Smash Hit Combo que je n’avais pas vu depuis 2009 et qui n’avait pas forcément retenu mon attention à l’époque. Mais les quelques chroniques et report vu ici et là m’incitait à ne pas laisser tomber; fort heureusement d’ailleurs. Les Rapcore Gamer de SHC ont donné un excellent concert ce soir. La proximité qu’entretient le groupe avec le public est bien rendue par celui-ci qui apprécie grandement et se défoule énormément. On voit que l’enchaînement des dates permet à n’importe quel groupe de donner plus en concert. Et pour se donner, le groupe se donne: slam des deux chanteurs, saut depuis les amplis pour la section rythmique et énormément de mouvement sur scène. Une énergie qui colle parfaitement avec la musique proposé par SHC qui aura convaincu le geek qui traîne en moi.

Pour terminer la soirée, les Parisiens de The ARRS, qui reviennent avec un excellent album, arrive avec « Kombat » qui ouvre également l’album. Le son est toujours bon dans la salle et le public, chauffé à blanc par SHC, est déjà au taquet. Sur scène Nico, casquette vissé, est toujours autant intenable. Derrière lui le groupe est lui aussi bien en forme, même si Stefo semble un peu plus distant. Côté setlist, l’accent est bien entendu donné au nouvel album avec les excellents « Du Ciel et de la Terre » avec son refrain repris en coeur, « Hors Norme » ou encore « IV Horizons ». On retrouve également les classiques « Délivrance », « Ennemis » ou la belle surprise de fin de set « Au Coeur de l’Arène ». Mais le morceau qui résonnera différemment ce soir est bien sûr « Authentiques Indignés », sorti sur « Soleil Noir » il y a 3 ans et qui pourtant a pris tout son sens il y a quelques jours. Pas de rappel, le groupe continue sur sa lancée et nous balance sa nouvelle version de « Passion », qui surprend au début mais qui reprend l’orientation musical du groupe, et termine avec « Du Berceau à la Tombe » repris en coeur par le public qui a donné de la voix et de l’énergie tout au long d’un set une nouvelle fois bien maîtrisé par The ARRS.

Setlist The ARRS :

Kombat
Délivrance
Du Ciel et de la Terre
Acta Non Verba
Mon Épitaphe
Hors Norme
Ennemis
Prophétie
Authentiques indignés
Originel
IV Horizons
Au Coeur de l’Arène
Le Journal de Ma Haine
Passion
Du Berceau à la Tombe

Seulement quelques jours après les terribles attentats qui ont coûtés la vie à plus d’une centaine de Français, notamment au Bataclan, salle mythique Parisienne, quoi de mieux que de se prendre le plein de décibel pour lutter contre l’ignorance et l’imbécilité de telles actes. Ca se fera avec le passage de Kvelertak et des copains de D E L U G E à l’Autre Canal.

On attaque donc par les locaux de D E L U G E qui commence à bien monter dans le paysage métal Français. Je n’ai pas encore eu le temps d’écouter l’album mais la première impression de Juillet se confirme. C’est du tout bon. Servi par un bon son et des lights collant parfaitement au Post Black du quintet. On sent que l’accumulation des dates leur a fait du bien, encore que vu le passé des mecs il n’y avait pas besoin de beaucoup de boulot, et le set se déroulera de bien belle façon. C’est énergique sur scène et le public répond bien présent. Malheureusement le temps alloués est bien trop court et la petite demi-heure passera bien trop vite. Si vous avez l’occasion de découvrir ce groupe sur scène, n’hésitez absolument pas.

On passe ensuite à la tête d’affiche du soir. Les Norvégiens de Kvelertak, en pleine tournée avec Slayer, profite d’un day-off pour venir nous présenter leur Punk/Black. Connaissant très peu le groupe, je n’attendais pas grand chose à part passer un bon moment. Et ben ça sera chose faite. Et très bien faite même. L’arrivée sur « Åpenbaring », avec le chanteur et son masque de hibou, apporte tout de suite le petit grain de folie qu’apporte Kvelertak. Le groupe est très en forme et déploie beaucoup d’énergie, malgré la petite taille de la scène pour les 6 musiciens (1 chanteur, 1 batteur, 3 guitaristes et 1 bassiste). Bien aidé par un son bien équilibré, le set des Norvégiens passera tout seul. Même sans connaître la musique du groupe, la tête bouge d’elle même. Le public est lui aussi très en forme et répondra avec autant d’énergie que le groupe. La surprise est donc très bonne avec cette découverte live d’un groupe que je connais peu. A voir et à revoir!

Setlist :
Åpenbaring
Nekroskop
Mjød
Månelyst
Ulvetid
Offernatt
(new song)
Fossegrim
Evig Vandrar
Blodtørst
Undertro
Nekrokosmos
Bruane Brenn
Kvelertak
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Liktorn
Utrydd dei svake